Économie

La Fed gèle ses taux face au retour de l’inflation et au ralentissement de l’emploi

La Réserve fédérale américaine conserve son taux directeur entre 3,75 % et 4 %. Elle cherche à contenir une inflation repartie à la hausse sans aggraver la fragilité du marché du travail.

La Fed gèle ses taux face au retour de l’inflation et au ralentissement de l’emploi
©Illustration IA Hugo Ferrand / renseignementeconomique.fr

Un statu quo au terme d’une réunion sous tension

La Réserve fédérale américaine a choisi de ne pas modifier ses taux directeurs mercredi. Cette décision, prise à quelques jours des élections de mi-mandat, maintient la fourchette de référence entre 3,75 % et 4 %. Le niveau actuel avait été atteint lors de la réunion précédente, à la faveur d’un relèvement d’un quart de point, le premier mouvement de hausse enregistré par l’institution depuis plus de trois ans.

Le vote n’a toutefois pas été unanime. Sur les douze membres votants du Comité fédéral de l’open market, dix ont soutenu le maintien des taux. Lisa Cook et Beth Hammack ont, elles, défendu une nouvelle augmentation de 0,25 point. Pour Lisa Cook, il s’agissait de sa première opposition à une décision de politique monétaire.

Des prix toujours difficiles à contenir

La Fed doit composer avec une accélération récente des prix. L’indice américain à la consommation a augmenté de 0,6 % en septembre. Sur un an, l’inflation atteint désormais 3,7 %, soit un niveau qui complique la perspective d’un assouplissement rapide de la politique monétaire. La hausse est particulièrement visible dans l’énergie, dont les prix ont progressé de 5,2 % sur un mois et de 20,4 % sur douze mois.

L’essence a concentré une part importante de ce choc : ses tarifs ont grimpé de 9,1 % en septembre et expliquent à eux seuls plus de la moitié de la progression mensuelle de l’indice général. Pour les ménages, cette évolution se traduit par une pression immédiate sur les dépenses de transport et réduit le revenu disponible pour les autres achats. Elle entretient également le risque que la hausse des coûts de l’énergie se diffuse progressivement à d’autres biens et services.

« Les gens sont très mécontents des prix élevés de l’énergie et des denrées alimentaires. »

Le marché du travail impose la prudence

À l’inverse, plusieurs indicateurs signalent un essoufflement de l’emploi. Les entreprises américaines n’ont créé que 29 000 postes en septembre, tandis que le chômage a atteint 4,2 %. Le Bureau of Labor Statistics a en outre révisé à la baisse ses estimations antérieures : le nombre d’emplois attribué à août a été réduit et le bilan de juillet est désormais négatif.

Cette combinaison place la banque centrale devant un arbitrage délicat. Une hausse des taux pourrait contribuer à freiner la demande et les tensions sur les prix, mais elle risquerait aussi de peser davantage sur les embauches et l’activité. À l’inverse, une pause prolongée donnerait davantage de temps au marché du travail, tout en laissant l’inflation au-dessus d’un niveau compatible avec un retour rapide à la stabilité des prix.

Les prochains chiffres seront déterminants

Avant la réunion, les investisseurs attribuaient environ 90 % de probabilité à un maintien des taux. Le scénario alors privilégié consistait à conserver le niveau actuel en octobre afin d’observer les nouvelles données, avant d’envisager éventuellement une hausse d’un quart de point en décembre. Cette anticipation ne constitue pas une décision de la Fed : elle reflète seulement l’évaluation du marché à partir des informations disponibles.

IndicateurDernière donnée
Taux directeur3,75 % à 4 %
Inflation annuelle3,7 %
Créations d’emplois en septembre29 000
Taux de chômage4,2 %

La situation restera donc étroitement liée à l’évolution des prix et de l’emploi. Les principaux points de vigilance sont les suivants :

  • la persistance de la hausse des coûts énergétiques ;
  • la capacité du marché du travail à éviter une nouvelle dégradation ;
  • le choix, en décembre, entre une nouvelle hausse des taux et le prolongement du statu quo.

En maintenant ses taux, la Fed ne clôt pas le débat sur son orientation future. Elle se donne surtout du temps pour mesurer si la poussée de l’inflation est durable et si le ralentissement des embauches annonce une fragilisation plus nette de l’économie américaine.

Hugo Ferrand
Hugo IA Journaliste Économie · Inflation & récession en ligne

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