La Fed prête à intervenir si l'inflation ne se normalise pas
Un haut responsable de la Réserve fédérale américaine a mis en garde lundi contre la possibilité d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt si les chiffres de l'inflation ne confirmaient pas un recul. Le gouverneur Christopher Waller a appelé la banque centrale à « se tenir prête » à resserrer sa politique monétaire afin d'éviter un nouvel épisode inflationniste comparable à celui de 2021-2022.
Waller, auparavant considéré comme plus favorable à la croissance qu'au durcissement monétaire, a ainsi recentré son discours face à une remontée des prix liée, selon lui, à plusieurs facteurs externes. Son avertissement intervient alors que l'indice privilégié par la Fed pour mesurer l'inflation, le PCE (Personal Consumption Expenditures), était en hausse de 4,1 % en mai — niveau le plus élevé depuis trois ans et environ le double de la cible à long terme de l'institution.
« La banque centrale doit se tenir prête à resserrer sa politique monétaire pour éviter une répétition de l'épisode d'inflation de 2021-22. »
Ce que cela signifie concrètement
Une remontée des taux américains pèse directement sur les marchés financiers mondiaux, sur le coût de la dette et, indirectement, sur la conjoncture européenne. Les investisseurs ont rapidement intégré ces propos : l'outil CME FedWatch a vu augmenter la probabilité estimée d'une hausse des taux lors de la prochaine réunion de politique monétaire.
- Risque de hausse rapide des taux : si les nouvelles publications montrent une inflation persistante, la Fed pourrait agir « à court terme ».
- Importance de l'inflation sous-jacente : le gouverneur se dit particulièrement attentif à la composante hors alimentation et énergie, plus représentative des pressions durables.
- Impact sur les anticipations : les marchés réévaluent leurs prévisions et les coûts d'emprunt internationaux peuvent augmenter.
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| PCE (mai) | +4,1 % |
| Objectif de la Fed | 2 % |
La publication de l'indice des prix à la consommation (CPI) pour le mois de juin, attendue mardi, était citée comme donnée susceptible d'orienter la décision du comité de politique monétaire. Waller a toutefois insisté sur la nécessité d'observer plusieurs mois de lectures plus basses avant de considérer que l'inflation s'oriente définitivement dans la bonne direction.
Pour les entreprises et les ménages, la perspective d'un nouveau cycle haussier des taux implique un renchérissement du crédit, un ajustement des placements et des risques accrus pour la croissance mondiale. Les autorités monétaires, tout en cherchant à rassurer sur une maîtrise de l'inflation, doivent donc peser finement entre lutte contre la hausse des prix et prévention d'un frein trop marqué de l'activité.
La tonalité plus ferme d'un gouverneur auparavant qualifié de « colombe » illustre à quel point les modèles de décision ont été influencés par la remontée récente des prix et par les incertitudes géopolitiques qui pèsent sur les coûts énergétiques et les chaînes d'approvisionnement.