Un objectif ambitieux — et une méthodologie requise
Pour atteindre une croissance à deux chiffres, il ne suffit pas d’augmenter l’effort budgétaire ou d’attirer des capitaux : il faut surtout connecter et coordonner les ressources. C’est le message central partagé lors du « Programme de réseautage et de partage sur le développement durable 2026 », organisé par le Conseil vietnamien des entreprises pour le développement durable (VBCSD) et la Chambre de commerce et d'industrie du Vietnam (VCCI).
« Il ne suffit pas de débloquer des ressources ; nous devons aussi créer des écosystèmes. »
Cette phrase, prononcée par Nguyen Quang Vinh, vice‑président de la VCCI et président du VBCSD, résume la logique : l’action isolée des acteurs — administrations, collectivités, entreprises ou établissements de formation — produit moins d’effet que des dispositifs articulés. L’idée est de faire de la durabilité non seulement un objectif, mais une méthode de croissance, en intégrant l’innovation, la transformation numérique et la transition écologique au cœur des stratégies économiques.
Des leviers identifiés et hiérarchisés
La résolution citée lors des échanges, la n° 19‑NQ/TW, repositionne les moteurs de croissance autour de la science, de la technologie et des ressources humaines hautement qualifiées. Concrètement, les intervenants ont mis en avant plusieurs leviers :
- Innovation et transformation numérique comme vecteurs de productivité ;
- Transition écologique pour concilier croissance et résilience ;
- Ressources humaines qualifiées pour soutenir des secteurs intensifs en savoir‑faire ;
- Rôle renforcé des entreprises comme moteurs d’expérimentation et d’essaimage.
| Levier | Rôle attendu |
|---|---|
| Innovation | Améliorer productivité et compétitivité |
| Numérique | Accélérer transformation des chaînes de valeur |
| Transition écologique | Garantir durabilité et accès aux financements verts |
| Ressources humaines | Assurer montée en compétences et adaptation |
Impacts concrets et conditions de réussite
Sur le plan opérationnel, construire cet écosystème suppose des mécanismes de gouvernance et des outils concrets : plateformes de coopération public‑privé, dispositifs fiscaux ciblés, formations alignées sur les besoins des entreprises et des financements liant performance économique et critères environnementaux. Sans ces articulations, les ressources risquent de rester fragmentées et peu productives.
Le discours des organisateurs montre aussi une préoccupation pour l’attraction d’investissements étrangers, où la qualité des écosystèmes locaux devient un facteur déterminant : stabilité réglementaire, disponibilité de talents qualifiés et infrastructures numériques sont autant d’éléments qui influencent les décisions des investisseurs.
Conséquences pour les décideurs
Pour transformer l’ambition en résultats mesurables, les décideurs devront prioriser des actions intégrées plutôt que des mesures isolées. Cela implique de revisiter l’allocation des ressources publiques, de renforcer la coopération interinstitutionnelle et d’inciter les entreprises à cofinancer des projets de formation et d’innovation. À défaut, l’objectif de croissance à deux chiffres restera une cible difficilement atteignable.
Au final, la réussite dépendra de la capacité des acteurs à passer d’une logique d’addition de ressources à une démarche d’orchestration : relier compétences, capitaux et politiques publiques pour générer des gains de productivité durables.