Un tournant demandé après une performance solide en 2025
Après une année 2025 jugée impressionnante, les autorités vietnamiennes reconnaissent que les résultats macroéconomiques cachent des fragilités structurelles. Lors de la conférence gouvernementale et des autorités locales dédiée au bilan de l'année et aux actions pour 2026, le secrétaire général To Lam a pointé des limites persistantes : dépendance à l'expansion des facteurs de production et lente progression du contenu technologique.
Pourquoi le modèle actuel montre ses limites
Les experts interrogés estiment que la croissance reste largement tirée par des leviers conventionnels — investissements et exploitation foncière — plutôt que par un renforcement de la productivité et de l'innovation. Le constat posé par le professeur agrégé Tran Dinh Thien, ancien directeur de l'Institut vietnamien d'économie, est sans ambiguïté : même si la croissance a été robuste récemment, elle n'est « pas encore durable » et l'économie conserve des faiblesses structurelles, notamment une forte dépendance au secteur étranger.
« Ces dernières années, le Vietnam a certes enregistré une croissance relativement forte, mais celle-ci n'est pas encore durable. »
Des axes d'effort identifiés
Trois leviers sont analysés comme insuffisants ou déséquilibrés : l'investissement, la consommation intérieure et la productivité. Malgré un renforcement des investissements publics et une hausse du crédit, l'investissement du secteur privé reste faible. La consommation peine, le pouvoir d'achat intérieur restant bas et les ventes au détail progressant timidement, signe d'une reprise intérieure longue après la pandémie de Covid-19.
- Main-d'œuvre qualifiée : nécessaire pour développer sciences et technologies.
- Innovation : condition pour accroître la productivité totale des facteurs.
- Rééquilibrage : diminuer la dépendance au secteur étranger et stimuler le privé.
Conséquences économiques et sociales
Si le Vietnam veut prétendre à une croissance à deux chiffres et viser le statut de pays développé, la transformation du modèle est présentée comme « une question de survie ». Concrètement, cela signifie : requalification massive des travailleurs, augmentation des dépenses en R&D, amélioration du climat pour l'investissement privé et montée en gamme des chaînes de valeur locales. À défaut, la croissance pourrait rester vulnérable aux chocs externes et aux fluctuations des flux d'investissements étrangers.
Tableau : éléments diagnostiqués par les autorités
| Point | Constat |
|---|---|
| Investissement | Renforcement public mais investissement privé faible |
| Consommation | Pouvoir d'achat bas ; ventes au détail peu dynamiques |
| Productivité / Technologie | PTF et contenu technologique progressent lentement |
Enjeux pour les observateurs internationaux
Pour les entreprises et les investisseurs étrangers, ce diagnostic signifie que le Vietnam offre encore des opportunités de croissance, mais que la transition vers une économie fondée sur l'innovation modifiera les secteurs porteurs et les chaînes d'approvisionnement. Les politiques publiques à venir seront déterminantes : stimuler l'investissement privé, renforcer la formation supérieure et l'innovation, et encourager la transformation industrielle vers des activités à plus forte valeur ajoutée.
Au cœur du défi se trouve la capacité du pays à convertir un bon score annuel en un modèle résilient et durable — un passage nécessaire pour prétendre à un statut économique supérieur.