Un chômage massif, des services d'emploi à moderniser
La Namibie fait face à une crise du travail aux proportions préoccupantes : selon la Namibia Statistics Agency (NSA), le taux de chômage calculé au sens strict s'élevait à 36,9 % en 2023. Cette donnée officielle sert désormais de référence pour les institutions nationales et internationales et alimente les politiques publiques visant à freiner la hausse du chômage.
Mais les chiffres officiels ne racontent qu'une partie de l'histoire : lorsque l'on additionne les personnes sans emploi et la main‑d'œuvre potentielle, la part de la population en âge de travailler qui est sans activité productive atteint près de 54,8 %. Dans ce contexte, les autorités multiplient les initiatives pour moderniser l'appareil de placement et soutenir les jeunes diplômés, particulièrement exposés au sous‑emploi.
Numérisation et IA : quels usages concrets ?
Les efforts portent sur la transformation numérique des services publics de l'emploi, en commençant par le système intégré d'information sur l'emploi (NIEIS). L'objectif affiché est double : mieux identifier les compétences disponibles et faciliter la rencontre entre recruteurs et chercheurs d'emploi. À terme, des technologies avancées, notamment des outils d'intelligence artificielle, pourraient être intégrées pour :
- affiner le repérage des compétences et des correspondances emploi‑profil ;
- automatiser l'orientation professionnelle et proposer des parcours de formation personnalisés ;
- optimiser l'appariement offres‑demandes afin de réduire les délais de placement.
Ces options techniques suscitent des attentes, mais aussi des interrogations sur la gouvernance des algorithmes, la protection des données et le risque de reproduire des biais si les jeux de données sont incomplets ou peu représentatifs.
Des chiffres qui font débat
La montée du taux officiel, de 33,4 % en 2018 à 36,9 % en 2023, a relancé le débat sur la méthode de mesure du chômage. Des voix critiquent le périmètre retenu par les statistiques tandis que les autorités défendent leur approche. Dans tous les cas, la réalité du marché du travail namibien apparaît plus sévère quand on intègre les demandeurs découragés et les travailleurs potentiels non comptabilisés dans le chômage strict.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de chômage officiel (2023) | 36,9 % |
| Taux combiné chômage + main‑d'œuvre potentielle | 54,8 % |
| Taux de chômage officiel (2018) | 33,4 % |
Ce que cela change pour les actifs et les employeurs
Pour les chercheurs d'emploi, la numérisation et l'introduction d'outils d'IA peuvent accélérer l'accès à des offres pertinentes et proposer des solutions d'orientation mieux ciblées. Pour les employeurs, ces outils offrent la promesse d'un vivier mieux cartographié, réduit des coûts de recrutement et des délais d'embauche plus courts. Reste que les bénéfices dépendront de la qualité des données, de l'adaptation des offres de formation et d'un pilotage public capable d'accompagner les transformations sans aggraver les inégalités d'accès.
Sur un plan politique, la Namibie illustre la tension entre urgence sociale et recours aux technologies : moderniser les services d'emploi est nécessaire, mais la réussite passe par des moyens humains, un cadre éthique pour l'IA et des indicateurs qui reflètent la réalité vécue par les citoyens.