Un recul net de l'opinion publique au Japon
Selon un sondage publié fin juillet par le quotidien Yomiuri, la cote d'approbation de l'administration de la Première ministre Sanae Takaichi a chuté à 57 % en juillet, contre 69 % en juin. Il s'agit de son niveau le plus bas depuis sa prise de fonctions l'année précédente et de la première fois que son taux passe sous la barre des 60 %.
Cette dégradation s'accompagne d'une hausse de la part des personnes déclarant désapprouver le gouvernement, passée de 21 % à 34 %, et d'une forte hausse du mécontentement sur la gestion du pouvoir d'achat : 71 % des sondés jugent désormais insuffisants les efforts gouvernementaux pour lutter contre la hausse des prix, contre 56 % le mois précédent.
Un lien direct entre politique économique et réactions de marché
Le recul de popularité ne se limite pas à un phénomène d'image : il est lié aux choix économiques de la Première ministre. Son inclination pour une politique budgétaire et monétaire expansionniste a contribué, selon les observateurs, à une hausse des rendements obligataires et à une dépréciation du yen jusqu'à des niveaux inédits depuis plusieurs décennies. Ces mouvements sur les marchés financiers exercent une pression additionnelle sur le coût de la vie importé et sur la confiance des ménages.
Conséquences politiques et décisions en suspens
La combinaison d'un mécontentement grandissant et de tensions au sein du parti au pouvoir pèse sur la capacité de l'exécutif à tenir certaines promesses. Le gouvernement a retardé sa décision concernant une possible réduction de la taxe sur les ventes alimentaires, un engagement destiné à atténuer l'impact de l'inflation sur les ménages.
- Approbation : 69 % (juin) → 57 % (juillet)
- Désapprobation : 21 % (juin) → 34 % (juillet)
- Jugement sur la lutte contre la vie chère : 56 % insatisfaits → 71 %
| Période | Taux d'approbation | Taux de désapprobation |
|---|---|---|
| Juin | 69 % | 21 % |
| Juillet | 57 % | 34 % |
« Ses taux d'approbation restent élevés par rapport aux administrations précédentes, il n'est donc pas question d'un ébranlement de l'assise politique de Mme Takaichi », a déclaré Kenji Yamamoto, économiste de marché en chef chez Daiwa Securities.
Perspectives : remaniement et fragilisation progressive
Des médias locaux rapportent que la Première ministre envisage un remaniement ministériel en août ou septembre, mesure classique pour redresser l'image de l'exécutif. Les analystes soulignent toutefois que si la popularité reste haute au regard d'exercices comparatifs historiques, l'« énorme capital politique » acquis lors de la victoire électorale s'amenuise, ce qui peut réduire sa marge de manœuvre pour maintenir une politique économique expansive sans compromis.
Pour les marchés et les importateurs, une dégradation durable de la confiance publique combinée à une monnaie faible et à des rendements obligataires élevés pourrait signifier une pression supplémentaire sur les prix domestiques et des coûts d'emprunt supérieurs pour l'État. Pour les ménages, cela se traduit concrètement par une sensibilité croissante au renchérissement et une demande accrue de mesures ciblées pour préserver le pouvoir d'achat.
La suite dépendra des réponses gouvernementales — mesures fiscales ciblées, ajustements monétaires ou réformes structurelles — et de la capacité de l'exécutif à restaurer la confiance face à des vents contraires sur les marchés et au sein de sa propre formation politique.