Un rebond économique réel, porté par les hydrocarbures et une réforme monétaire
Le compte rendu transmis par la mission du Fonds monétaire international pour la Syrie souligne un retournement d'activité significatif en 2026. Les indicateurs cités par le rapport montrent une croissance attendue d'au moins 10 % sur l'année, stimulée par la reprise de la production d'hydrocarbures, une hausse de la demande intérieure et de bons rendements agricoles.
Mesures fiscales et monétaires : une restructuration engagée
La mission se montre également positive sur des réformes de fond conduites par les autorités. L'introduction d'une nouvelle monnaie au 1er janvier a été jugée opérationnelle, et les recettes publiques ont connu un surcroît en 2026, en partie grâce à la vente de licences de télécommunication et à des taxes liées aux revenus pétroliers. Ces recettes renforcées offrent un répit budgétaire mais posent la question de la durabilité d'une croissance longtemps dépendante des ressources énergétiques.
Des progrès économiques contrebalancés par des risques humanitaires
Malgré ces signes positifs, le rapport insiste sur plusieurs fragilités majeures. Sur le volet démographique et social, la gestion du retour des exilés progresse lentement : sur les 6 millions de personnes ayant quitté le pays, seul un quart serait revenu à ce stade. Par ailleurs, l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a lancé en juin une alerte concernant l'insécurité alimentaire, qui concernerait plus de la moitié de la population et reste amplifiée par une inflation élevée sur les produits alimentaires, les carburants et le logement.
- Croissance : +10 % attendu en 2026 (selon la mission FMI).
- Retour des exilés : seulement 25 % des 6 millions de réfugiés auraient regagné le pays.
- Sécurité alimentaire : plus de 50 % de la population menacée, alerte de la FAO.
Enjeux : reconstruction, cohésion sociale et implications extérieures
La dynamique macroéconomique retrouvée ouvre des marges pour la reconstruction, mais le chemin reste semé d'embûches. Les recettes liées aux secteurs de télécommunications et aux hydrocarbures peuvent favoriser des investissements, à condition que leur gestion soit transparente et que les ressources servent aussi à atténuer la crise sociale. À court terme, l'inflation sur les biens essentiels et la persistance de l'insécurité alimentaire constituent des sujets à haut risque pour la stabilité sociale.
Conséquences pour l'ordre régional et pour la France
Pour les acteurs internationaux, y compris la France, ces évolutions imposent une lecture nuancée : un redressement économique n'efface pas les besoins humanitaires ni les questions politiques et sécuritaires. La lenteur du retour des exilés et la prévalence de la faim sont susceptibles de maintenir des pressions migratoires et des tensions régionales. Les décideurs européens devront donc équilibrer reconnaissance des progrès économiques et persistance d'actions d'urgence pour l'aide alimentaire et la stabilisation.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Croissance attendue (2026) | ≥ 10 % |
| Nombre d'exilés avant retours | 6 millions |
| Part revenue | 25 % |
| Population en insécurité alimentaire | > 50 % |
En somme, la Syrie entrevoit une phase de redressement économique qui reste cependant fragile. Les gains macroéconomiques devront être consolidés par des politiques sociales et des mesures de sécurité pour transformer la reprise en progrès durable, tant pour la population syrienne que pour la stabilité régionale.