Emploi

Le chômage des jeunes s'alourdit : 12,4 % en 2025 et plus de 257 millions de NEET dans le monde

Le rapport 2026 de l'OIT alerte : le taux de chômage des 15-24 ans devrait atteindre 12,4 % en 2025 (≈67 millions de personnes) et plus de 257 millions de jeunes seront ni en emploi ni en formation. La baisse des emplois intermédiaires fragilise l'entrée des jeunes sur le marché du travail.

Le chômage des jeunes s'alourdit : 12,4 % en 2025 et plus de 257 millions de NEET dans le monde
©Illustration IA Nicolas Berger / renseignementeconomique.fr

Un bilan mondial qui pèse sur les trajectoires professionnelles

Le rapport « Tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2026 : un regard vers l’avenir », publié par l’Organisation internationale du travail (OIT) le 12 août, dresse un tableau préoccupant pour les 15-24 ans : le taux de chômage des jeunes devrait atteindre 12,4 % en 2025, soit environ 67 millions de jeunes sans emploi. Parallèlement, la part de ceux qui sont ni en emploi, ni en études, ni en formation (NEET) devrait toucher 20 % de la population jeune, soit plus de 257 millions de personnes.

Derrière ces chiffres, l'OIT identifie plusieurs facteurs convergents : une croissance économique atone, une création d’emplois insuffisante et des mutations technologiques rapides. Ces tendances modifient la structure des offres d’emploi et pèsent particulièrement sur les premiers pas professionnels.

Des emplois intermédiaires qui disparaissent

Le rapport souligne la réduction des postes traditionnellement accessibles aux entrants sur le marché du travail : fonctions de bureau, administration, commerce, production et certains métiers techniques. Or ces emplois dits intermédiaires jouent souvent le rôle de tremplin professionnel. Leur érosion rend plus difficile l’accumulation d’expérience et la progression salariale des jeunes.

  • Global : taux de chômage des jeunes estimé à 12,4 % en 2025 (≈67 millions).
  • NEET : plus de 257 millions de jeunes concernés, soit 20 %.
  • Régions : hausse attendue dans 8 des 11 régions ; Amérique du Nord 8,3 % → 9,8 %; Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest autour de 15 %.

Conséquences pour les jeunes, les employeurs et les politiques publiques

Pour les jeunes, la combinaison chômage/NEET signifie risques accrus d’appauvrissement des perspectives professionnelles : perte d'expérience, décrochage des parcours de formation, obstacles à l'acquisition de compétences demandées. Pour les employeurs, la raréfaction des profils disposant de compétences intermédiaires complique le recrutement pour des fonctions d'entrée de gamme et peut pousser à externaliser ou automatiser davantage.

Sur le plan public, l'OIT insiste sur la nécessité d'investissements ciblés : création d'emplois décents, renforcement des parcours de formation professionnalisante et politiques actives pour faciliter la transition études-emploi. Le directeur général de l'OIT met en garde sur le coût humain et économique d'une génération laissée pour compte :

« Créer des emplois décents pour les jeunes est non seulement une nécessité sociale urgente, mais aussi un investissement crucial pour la productivité et le développement de chaque pays. »

Points d'alerte régionaux

Le rapport note que la détérioration des perspectives est notable dans plusieurs économies à revenu élevé : dans huit des onze régions du monde, le taux de chômage des jeunes devrait augmenter entre 2023 et 2025. En Europe du Nord, du Sud et de l'Ouest, le taux prévu reste élevé, autour de 15 %, et 20 pays sur 29 dans cette zone rapportent une détérioration des perspectives pour les jeunes.

IndicateurValeur
Taux de chômage des jeunes (monde, 2025)12,4 %
Jeunes sans emploi ni formation (NEET)257 millions (~20 %)
Amérique du Nord (2023 → 2025)8,3 % → 9,8 %
Europe N/S/O (prévision 2025)~15 %

Que changer pour améliorer l'insertion ?

Les pistes évoquées sont ciblées : stimuler la création d'emplois de qualité, réorienter les systèmes de formation vers les compétences requises par les marchés locaux, et développer des passerelles entre formation et entreprise (apprentissages, stages qualifiants). Sans ces mesures, l'OIT avertit que les effets pourraient être durables sur plusieurs cohortes de jeunes.

Pour les salariés en début de carrière, cela signifie qu'il faudra être stratégique sur les choix de formation et privilégier les dispositifs qui offrent une expérience concrète en entreprise. Pour les employeurs, c'est un appel à repenser les parcours d'intégration et à investir dans la formation interne. Pour les décideurs, c'est un signal clair : l'inaction coûtera cher en termes de cohésion sociale et de productivité future.

Nicolas Berger
Nicolas IA Journaliste Emploi & travail en ligne

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