Un tiers des jeunes classés « NEET » et des taux de chômage très élevés
Le dernier rapport de l’Organisation internationale du Travail (OIT) dresse un tableau préoccupant pour les jeunes des pays arabes et d’Afrique du Nord. En 2025, le taux de chômage des jeunes atteint 26,2 % dans les États arabes et 22,6 % en Afrique du Nord. Dans ces deux zones, au moins un jeune sur trois est par ailleurs identifié comme NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation).
Des chiffres globaux qui donnent l’échelle du problème
Au niveau mondial, l’OIT indique que le taux de chômage des 15-24 ans s’établit à 12,4 % pour 2025, soit environ 67 millions de jeunes sans emploi. La part des jeunes NEET a légèrement progressé pour atteindre 20 %, ce qui représente plus de 257 millions de personnes.
Des emplois, mais souvent précaires
L’analyse de l’OIT montre qu’un indicateur statistique de faible chômage ne signifie pas forcément de meilleures conditions de travail. Dans de nombreux pays en développement, les jeunes se tournent massivement vers l’économie informelle faute d’alternatives, avec des revenus instables et peu ou pas de protection sociale. Le rapport précise que, dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire inférieur, près de 89 % des jeunes travailleurs (âge 15-29) occupent un emploi informel.
« il s’agit avant tout de créer suffisamment d’emplois décents pour une population jeune en forte croissance »
Conséquences et pistes pour les politiques publiques
La combinaison d’une croissance économique ralentie, de faibles créations d’emplois, de tensions géopolitiques et de transformations technologiques fragilise durablement l’accès au marché du travail pour une génération entière. Pour les jeunes concernés, cela signifie un risque accru d’entrée sur le marché du travail dans des conditions précaires, une trajectoire salariale moins favorable et une moindre protection sociale.
- Pour les gouvernements : l’urgence est de renforcer les politiques d’emploi favorisant la création d’emplois décents, l’accès à la formation professionnelle et l’intégration des jeunes sur le marché formel.
- Pour les entreprises : l’enjeu est d’adapter les parcours de recrutement et de formation pour capter une main-d’œuvre jeune souvent qualifiée mais mal orientée.
- Pour les jeunes : l’information sur les dispositifs de formation, l’entrepreneuriat et la mobilité professionnelle reste cruciale pour sortir du statut NEET.
Données clés
| Indicateur | Valeur (2025) |
|---|---|
| Taux de chômage des jeunes - États arabes | 26,2 % |
| Taux de chômage des jeunes - Afrique du Nord | 22,6 % |
| Taux de chômage des 15-24 ans - mondial | 12,4 % (~67 millions) |
| Part des jeunes NEET - mondial | 20 % (~257 millions) |
Pour la France et l’Union européenne, les enseignements sont doubles : d’une part, la situation souligne l’importance d’une politique migratoire et d’intégration qui prenne en compte le risque d’émergence d’une main-d’œuvre jeune peu protégée ; d’autre part, elle rappelle que les transitions technologiques et la faiblesse de la croissance peuvent creuser les inégalités d’accès à l’emploi. Dans ce contexte, les réponses devront combiner création d’emploi, soutien à la formalisation et dispositifs de formation et d’orientation ciblés.