Un palier de stabilité après la volatilité
En avril 2026, la Banque de France rapporte une production de 12,0 milliards d'euros de nouveaux crédits à l'habitat (hors renégociations). Ce niveau, légèrement inférieur au mois de mars (12,6 Md€), se situe toutefois au-dessus de la moyenne mensuelle observée depuis le début de l'année (11,8 Md€), signe que le marché retrouve un rythme plus soutenu après les creux de 2025.
Un taux moyen figé : pourquoi ça change tout pour l'acheteur
Pour le deuxième mois consécutif, le taux d'intérêt moyen des nouveaux prêts immobiliers, hors frais et assurance, reste à 3,22 %. Autrement dit, pour un ménage qui sollicite un prêt cet avril, la base de calcul des mensualités est plus prévisible qu'elle ne l'a été l'an dernier. Cette stabilité réduit l'incertitude sur le coût du crédit à moyen terme et facilite la planification des projets : obtenir un prêt aujourd'hui revient, toutes choses égales par ailleurs, à connaître l'ordre de grandeur de sa mensualité sur la durée choisie.
Structure du marché : taux fixes et recul des renégociations
La structure des offres reste protectrice pour les emprunteurs : 99,5 % des nouveaux crédits ont été souscrits à taux fixe, mettant à l'abri des variations futures. Parallèlement, la part des renégociations dans la production totale poursuit son repli, à 13,6 % en avril contre 14,5 % en mars et plus de 15 % en début d'année. Cela traduit un double mouvement : moins d'arbitrage entre anciens et nouveaux contrats, et une moindre pression des ménages à renégocier pour alléger immédiatement leurs mensualités.
- Production mensuelle nouveaux prêts : 12,0 Md€ (avril 2026)
- Taux moyen : 3,22 % (deuxième mois stable)
- Part à taux fixe : 99,5 %
- Renégociations : 13,6 % de la production
Crédit à la consommation : un segment séparé mais dynamique
Le crédit à la consommation affiche une production mensuelle de 5,8 milliards d'euros en avril, stable par rapport à mars. Sur une base annuelle, les encours progressent de +2,6 %, pour atteindre 220 milliards d'euros. Si ce segment est distinct du crédit immobilier, sa trajectoire renseigne sur l'appétit des ménages pour le crédit et sur la capacité globale d'endettement des foyers.
Conséquences sur le terrain : promoteurs, primo-accédants, et mensualités
Cette stabilisation pèse sur plusieurs acteurs du marché. Pour les primo-accédants, la visibilité sur le taux facilite la simulation des mensualités et peut transformer un projet différé en projet visible : connaître un taux autour de 3,22 % permet d'estimer immédiatement un ordre de mensualité pour un capital donné et d'ajuster le choix de la durée. Pour les promoteurs, une production de crédits soutenue limite les risques de retournement brutal de la demande et permet d'envisager des délais de commercialisation plus courts sur certains segments.
Lire entre les chiffres : prudence et trajectoire future
Si les signaux sont positifs, la prudence reste de mise. La production mensuelle peut varier sous l'effet d'événements macroéconomiques, de décisions de politique monétaire ou de chocs sectoriels. La part majoritaire des prêts à taux fixe protège les ménages contre des hausses de taux futures, mais elle rend aussi le marché moins réactif en cas d'amélioration soudaine des conditions, ce qui explique le recul des renégociations.
| Indicateur | Valeur (avril 2026) |
|---|---|
| Production nouveaux prêts | 12,0 Md€ |
| Taux moyen | 3,22 % |
| Part à taux fixe | 99,5 % |
| Renégociations | 13,6 % |
| Crédit conso (production) | 5,8 Md€ |
| Encours crédit conso | 220 Md€ (+2,6 % an) |
Sur la base de ces données, les ménages et professionnels du logement gagnent en lisibilité. Reste que toute décision d'achat doit rester enracinée dans le concret : capacité d'apport, mensualité tolérable, durée d'emprunt et qualité du bien — autant de paramètres qui détermineront si cette phase de stabilité se traduit par une relance durable des transactions ou par un simple regain d'activité passager.