Le déficit du régime d'indemnisation des intermittents du spectacle a atteint 1,4 milliard d'euros en 2025, annonce l'Unédic. Sur dix ans, le trou s'est creusé de 400 millions, un chiffre qui alimente depuis longtemps la confrontation entre organisations patronales et syndicats, en particulier la CGT.
Une hausse continue et des arbitrages à venir
Réuni récemment, le bureau de l'association paritaire qui gère l'assurance-chômage s'est penché sur la mise à jour des métiers et fonctions listés dans l' annexe 8 du règlement — celle qui couvre les techniciens et ouvriers du spectacle (l'annexe 10 concerne les artistes). L'enjeu technique est aussi politique : l'élargissement ou la redéfinition des métiers pris en charge modifie directement les dépenses du régime.
Qui finance et qui décide ?
Face au creusement du déficit, plusieurs options se dessinent : une contribution accrue des partenaires sociaux, des économies via un resserrement des règles, ou une intervention de l'État. Le texte signale la possibilité d'une ponction de Matignon pour soutenir l'Unédic — solution régulièrement évoquée lors des tensions sur ce régime.
Effets concrets pour les intermittents et les structures
Pour les salariés intermittents, une aggravation du déficit peut signifier un resserrement des conditions d'accès aux allocations ou une fragilisation des règles actuelles. Pour les employeurs du spectacle — festivals, compagnies, prestataires techniques —, la question porte sur l'équilibre économique : une hausse des cotisations ou des modifications du régime pourrait augmenter les coûts de production et peser sur la programmation.
- Montant du déficit : 1,4 milliard d'euros en 2025.
- Évolution sur 10 ans : +400 millions depuis 2015 (implicite).
- Sujets débattus : actualisation de l'annexe 8, intégration de métiers de festivals et d'audiovisuel, rôle de l'État.
| Année | Déficit |
|---|---|
| 2015 (référence) | ~1,0 milliard € |
| 2025 | 1,4 milliard € |
Le bureau de l'Unédic a aussi dû valider l'intégration, dans l'annexe 8, de nouveaux métiers du secteur des festivals de cinéma et de l'audiovisuel en application d'un accord de branche conclu fin 2024. Cette extension des métiers couverts illustre le dilemme : reconnaître des activités récentes ou fragiles protège des travailleurs, mais alourdit mécaniquement la facture du régime.
Le débat reste vibrant entre le Medef, qui appelle à la maîtrise des dépenses, et la CGT, qui défend la protection des droits des intermittents. À court terme, la gestion de ce déficit demandera des arbitrages financiers et politiques qui impacteront tant les conditions d'indemnisation des intermittents que la santé financière des structures culturelles.