Un choc durable qui pèse sur la croissance régionale
Le Fonds monétaire international (FMI) a actualisé ses projections pour la région Moyen‑Orient et Asie centrale à l'issue de son assemblée annuelle à Bangkok : la zone devrait connaître une contraction de -0,3% en 2026. Ce réajustement reflète l'impact direct du conflit élargi impliquant l'Iran, l'Arabie saoudite et les combats au Yémen sur les exportations d'hydrocarbures, ainsi que sur des secteurs économiques et des infrastructures clés.
Le FMI met en garde contre une sortie de crise lente : même une cessation des hostilités n'entraînerait pas un retour rapide à la trajectoire de croissance antérieure. Le directeur pour la région, Jihad Azour, souligne que le choc laissera des traces durables nécessitant des dépenses supplémentaires pour renforcer la résilience des économies touchées.
«Nous ne retrouverons pas la trajectoire d’avant‑conflit à moyen terme, car ce choc aura un impact durable sur divers secteurs et affectera également un certain nombre d'infrastructures, exigeant des dépenses supplémentaires afin de renforcer la résilience», a déclaré Jihad Azour.
Des reculs marqués pour des États pétroliers
Les projections du FMI témoignent de la violence du choc attendu pour 2026 dans plusieurs économies dépendantes des hydrocarbures :
- Arabie saoudite : contraction prévue de -3,3%;
- Iraq : recul d'environ -16%;
- Koweït : contraction de -16,7%;
- Bahreïn : baisse de -11,3%;
- Iran : contraction attendue de -7,6%.
| Pays | Projection de croissance 2026 |
|---|---|
| Région Moyen‑Orient & Asie centrale | -0,3% |
| Arabie saoudite | -3,3% |
| Iraq | -16% |
| Koweït | -16,7% |
| Bahreïn | -11,3% |
| Iran | -7,6% |
Conséquences pour l'économie mondiale et la France
Pour la France, l'implication de cette région dans les marchés de l'énergie signifie plusieurs canaux de transmission : volatilité des prix du pétrole et du gaz, perturbations des échanges commerciaux régionaux, pressions inflationnistes sur les coûts de l'énergie et des transports. À plus long terme, la dégradation des infrastructures et les besoins de reconstruction dans les pays affectés peuvent modifier les trajectoires d'investissement et d'importations dans la région.
Le FMI insiste aussi sur le fait que la reprise, quand elle interviendra, exigera des politiques publiques orientées vers la résilience — reconstruction d'infrastructures, soutien aux entreprises et réformes structurelles — autant d'enjeux qui mobiliseront des ressources et influeront sur la dynamique régionale.
En l'absence de solution rapide au conflit, l'incertitude restera élevée et pèsera sur la conjoncture mondiale. Les décideurs français et européens devront suivre ces évolutions : de la sécurisation des approvisionnements énergétiques à l'ajustement des politiques macroéconomiques domestiques pour absorber d'éventuelles nouvelles poussées inflationnistes.