Le growth hacking à l’ère de l’IA : évolution ou rupture ?
Le growth hacking, longtemps associé à une série d’astuces rapides et à une culture du test, traverse aujourd’hui une nouvelle étape. Dans un entretien pour le podcast Connected Mate, Pierre‑Philippe Cormeraie revient sur plus de quinze ans de pratique du marketing digital et détaille comment l’intelligence artificielle rebattrait « les cartes plus vite et plus fort » que les vagues précédentes (SEO, réseaux sociaux, growth hacking des années 2010).
Ce qui change concrètement
La mutation n’est pas seulement technique : elle est méthodologique. L’auteur a mis à jour son livre Le Growth Hacking pour intégrer ces évolutions. Selon lui, trois mouvements structurent la transformation :
- La baisse de la barrière technique : des outils IA rendent accessibles des actions auparavant réservées aux profils très techniques.
- La montée du rôle de chef d’orchestre : le growth hacker devient coordinateur de processus, croisant compétences produit, data et communication.
- L’automatisation avec maintien de l’humain : on automatise des tâches sans pour autant sacrifier l’authenticité et la curiosité, valeurs qui restent déterminantes.
Un changement de posture plus qu’une disparition
La question « le growth hacking est‑il mort ? » revient souvent : la réponse de Cormeraie est nette : non, mais le visage du growth hacking est radicalement différent. Le terme « hacking » conserve son sens d’astuce, mais il s’insère désormais dans une culture du chiffre et d’expérimentation structurée (le fameux entonnoir AARRR : acquisition, activation, rétention, recommandation, revenu).
Priorités opérationnelles pour les équipes
Dans l’entretien, plusieurs conseils pratiques émergent pour qui veut rester performant :
- Conserver la curiosité et l’authenticité dans les contenus et les tests.
- Automatiser intelligemment sans rompre le lien humain avec les communautés.
- Se concentrer sur 1 à 2 plateformes prioritaires et bâtir une vraie communauté (liens faibles, « mille vrais fans »).
Outils, formats et positionnement
Le passage à l’IA fait aussi évoluer les formats : retour du contenu long face au format court, importance des titres performants (Cormeraie partage une méthode d’aide par IA pour trouver des titres) et renforcement du positionnement tranché. Enfin, la notion de « starification de l’économie » et l’usage des neurosciences pour structurer l’émotion montrent que le growth actuel mêle psychologie, data et automatisation.
| Avant IA | Avec IA |
|---|---|
| Barrière technique élevée | Outils accessibles à plus de profils |
| Astuce et expérimentation manuelle | Automatisation + recommandations prédictives |
| Multiplication des petites tactiques | Choix stratégique de plateformes et communauté |
Au terme de l’échange, le message est clair pour les marketeurs : l’intelligence artificielle n’enterre pas le growth hacking, elle le transforme en exigeant plus de rigueur méthodologique, un mélange plus fin d’humain et de machine, et un recentrage sur la construction de valeur durable.