Un plan national pour conforter l'ESS dans l'économie française
Le ministère des Petites et Moyennes Entreprises a annoncé l'adoption d'une stratégie nationale visant à soutenir et structurer l'économie sociale et solidaire (ESS) sur la prochaine décennie. Cette feuille de route, co-construite avec l'ensemble des acteurs du secteur, se donne pour ambition de lever les freins au développement de l'ESS, d'assurer la pérennité de ses financements et d'inscrire ses actions au cœur des politiques publiques.
Les axes prioritaires et leur traduction opérationnelle
Le plan se décline en cinq axes stratégiques et prévoit un suivi annuel associé aux régions, avec un premier bilan fixé à 2030. Parmi les mesures phares figurent :
- la montée en puissance de l'ESS dans les décisions publiques, via la création d'un Comité interministériel et une coordination renforcée ;
- le développement des leviers de financement, notamment par une convention envisagée entre l'État et Bpifrance et l'appui aux fonds de capital-investissement dédiés ;
- l'accompagnement des transitions (environnementale, numérique, démographique) et une meilleure attractivité par la formation et l'enseignement secondaire ;
- le soutien à l'internationalisation des organisations de l'ESS.
"v ... reconnaître pleinement le rôle de l' ESS dans l'économie française, à lever les obstacles à son développement, à sécuriser ses financements et à inscrire durablement son action au coeur des politiques publiques"
Nous parlons d'un secteur significatif
Les chiffres cités par le ministère illustrent l'ampleur de l'enjeu : l'ESS était soutenue par l'État à hauteur de 16 milliards d'euros en 2024. Elle représente 10% du produit intérieur brut et 13,4% de l'emploi privé, soit 2,7 millions de salariés et 13 millions de bénévoles.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Contribution au PIB | 10% |
| Part de l'emploi privé | 13,4% |
| Nombre de salariés | 2,7 millions |
| Bénévoles | 13 millions |
| Soutien public en 2024 | 16 milliards € |
Conséquences pour les acteurs et les bénéficiaires
Pour les associations, mutuelles, coopératives et entreprises commerciales d'utilité sociale, la stratégie promet un accès plus stable au capital et aux prêts dédiés, ce qui pourra faciliter des projets d'investissement ou de transformation. La coordination interministérielle vise aussi à réduire l'hétérogénéité des politiques locales, via l'association des régions au suivi annuel.
Sur le plan social et environnemental, l'accent mis sur les transitions traduit la volonté d'intégrer l'ESS comme acteur des politiques publiques industrielles et territoriales — une logique qui devrait influer sur les appels à projets et les priorités d'accompagnement.
Ce qu'il faudra observer
Les effets concrets dépendront du degré d'engagement des opérateurs publics (notamment Bpifrance) et de la mise en œuvre des conventions annoncées. Le premier bilan de 2030 constituera une étape clé pour mesurer la traduction financière et opérationnelle des objectifs affichés : mobilisation des capitaux, créations d'emplois pérennes, et impact des dispositifs de formation sur l'attractivité du secteur.
En bref, l'État renforce son engagement envers un secteur déjà structurante pour l'économie française, tout en posant des jalons pour améliorer son financement et son intégration dans les politiques publiques.