Un retour en force du LEP, principalement chez les ménages modestes
Le dernier rapport de la Banque de France sur l'épargne réglementée met en lumière une augmentation nette des sommes placées sur le Livret d'épargne populaire (LEP). En 2025, 12,1 millions de personnes détenaient ce livret, soit 200 000 titulaires de plus qu'en 2024. L'encours moyen par titulaire s'établit désormais à 6 902 euros, et l'encours total national atteint 84 milliards d'euros.
« Les actions de communication et les mesures de soutien en faveur de ce livret destiné aux ménages les plus modestes continuent ainsi de porter leurs fruits »
La Banque de France relie cette dynamique aux campagnes d'information et aux politiques favorisant l'accès au LEP. Sur la période 2021-2025, l'encours du LEP a bondi de 119%, signe d'un regain d'intérêt marqué pour ce produit exonéré d'impôt, réservé aux foyers dont les revenus sont en dessous d'un certain plafond.
Des concentrations géographiques marquées
Si l'augmentation est nationale, la répartition territoriale des dépôts reste très inégale. Certains départements concentrent des masses significatives d'épargne :
- Nord : 3,2 milliards d'euros
- Loire-Atlantique : 2,375 milliards d'euros
- Pas-de-Calais : 2,175 milliards d'euros
À l'opposé, les dépôts sont beaucoup plus faibles dans quelques territoires insulaires et peu peuplés :
- Territoire de Belfort : 172 millions d'euros
- Haute-Corse : 153 millions d'euros
- Corse-du-Sud : 114 millions d'euros
| Département | Encours |
|---|---|
| Nord | 3,2 Md€ |
| Loire-Atlantique | 2,375 Md€ |
| Pas-de-Calais | 2,175 Md€ |
| Territoire de Belfort | 172 M€ |
| Haute-Corse | 153 M€ |
| Corse-du-Sud | 114 M€ |
Des hausses départementales spectaculaires et des cas particuliers
La progression des encours n'est pas uniforme : les Hauts-de-Seine affichent une hausse exceptionnelle de 56,6%, hausse directement liée au lancement du LEP chez BoursoBank en 2025 — la banque ayant son siège à Boulogne-Billancourt. D'autres départements montrent des augmentations plus modestes : Corse-du-Sud (+4,9%), Haute-Corse (+4,2%), Drôme (+3,7%), Ariège (+3,4%), Somme (+3,2%) et Vosges (+3,2%).
Seuls deux départements enregistrent une baisse des encours : la Mayenne (-0,22%) et la Meurthe-et-Moselle (-0,04%), des replis marginaux mais révélateurs de variations locales.
Conséquences pour l'épargne et le réseau bancaire
Cette progression rapide a plusieurs implications. Pour les ménages éligibles, le LEP reste attractif : rémunération protectrice, exonération fiscale et ciblage des plus modestes. Pour les établissements, l'arrivée de nouveaux acteurs proposant le LEP ou la promotion active du produit change la répartition territoriale des dépôts et peut modifier la gestion des liquidités au niveau local et national.
En outre, la forte hausse depuis 2021 pose la question de la pérennité de cette dynamique : évolutions des plafonds d'accès, variations éventuelles du taux réglementé et capacités d'accueil des banques seront autant d'éléments à surveiller pour les mois à venir.
En synthèse, le LEP confirme son rôle central dans l'épargne des foyers modestes : plus de 12 millions de détenteurs, un encours moyen en hausse et des disparités géographiques nettes qui reflètent à la fois la démographie, les politiques commerciales des banques et l'évolution des besoins de trésorerie des ménages.