Une croissance renforcée, soutenue par la dépense publique
La Banque mondiale souligne que l'économie marocaine a retrouvé une vitesse de croissance notable en 2025, avec un produit intérieur brut réel en hausse de 4,9 %. Ce résultat, le meilleur depuis plus d'une décennie, s'explique principalement par une montée en charge des investissements publics, notamment dans les infrastructures. Le rapport met toutefois en garde : pour transformer cet élan conjoncturel en gains durables de productivité, la transformation numérique des entreprises devra jouer un rôle central.
Des indicateurs macroéconomiques améliorés, mais des blessures persistantes
Sur le plan des prix et des finances publiques, la Banque mondiale relève une inflation ramenée à 0,8 %, ce qui soulage les ménages et les entreprises. Le déficit budgétaire s'est également réduit, s'établissant à 3,5 % du PIB. Ces évolutions ont contribué à une meilleure perception du risque souverain, matérialisée par une remontée de la note du Maroc vers le statut Investment Grade par Standard & Poor's.
Un marché du travail qui peine à suivre
Malgré ces signaux favorables, le rapport attire l'attention sur le sous-emploi : le taux de sous-utilisation de la main-d'œuvre reste élevé, à 22,5 %. Autrement dit, une part significative de la population active n'est pas pleinement mobilisée économiquement, ce qui limite la portée sociale de la reprise et constitue un réservoir de productivité non exploité.
- Croissance 2025 : 4,9 % du PIB réel.
- Inflation : 0,8 %.
- Déficit budgétaire : 3,5 % du PIB.
- Sous-utilisation de la main-d'œuvre : 22,5 %.
- Prévision 2026 : croissance attendue à 4,2 %.
Perspectives et risques externes
Pour 2026, la Banque mondiale anticipe une poursuite de la croissance à 4,2 %, portée par la continuation des projets publics et le maintien de la demande intérieure. Néanmoins, l'institution met en garde contre des facteurs extérieurs pouvant freiner la trajectoire, en particulier la hausse des coûts énergétiques et des transports liée au conflit au Moyen-Orient, ainsi que les épisodes de sécheresse récurrents qui pèsent sur l'agriculture.
Quelles priorités pour consolider la trajectoire ?
Le rapport place la transformation numérique des entreprises au cœur de la stratégie visant à pérenniser la productivité. Au-delà des investissements d'infrastructures, il s'agit de moderniser les processus productifs, d'améliorer l'accès au financement pour les PME et d'adapter les compétences de la main-d'œuvre. Sans ces mutations, le Maroc risque de voir son potentiel de croissance limité par des goulets d'étranglement structurels, malgré des résultats conjoncturels favorables.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Croissance réelle 2025 | 4,9 % |
| Prévision de croissance 2026 | 4,2 % |
| Inflation | 0,8 % |
| Déficit budgétaire | 3,5 % du PIB |
| Sous-utilisation de la main-d'œuvre | 22,5 % |
En résumé, le diagnostic de la Banque mondiale est double : d'un côté, la stratégie d'investissement public a permis un rebond remarquable ; de l'autre, des défis structurels demeurent — emploi, résilience climatique, et modernisation numérique — et conditionneront la capacité du pays à transformer cette croissance en progrès partagé et soutenable.