Projection consensuelle mais encadrée : le Maroc garde le cap, selon la Banque mondiale
La Banque mondiale anticipe pour le Maroc une croissance du produit intérieur brut réel de 4,3% à moyen terme. Cette lecture, présentée par Ousmane Dione, vice‑président pour la région MENA, l'Afghanistan et le Pakistan, souligne une dynamique sous‑tendue par de forts investissements publics et de larges projets d'infrastructures, tout en mettant en garde contre plusieurs facteurs de fragilité.
Les perspectives économiques du Maroc demeurent solides, avec une croissance prévisionnelle du PIB réel de 4,3% à moyen terme, selon Ousmane Dione, vice‑président de la Banque mondiale pour la région MENA, l’Afghanistan et le Pakistan.
À court terme, l'institution considère que l'investissement restera le principal moteur de l'activité : il table sur une hausse de 11,2% pour 2026, un chiffre largement porté par les grands chantiers et les préparatifs de la Coupe du monde de football 2030. À moyen terme, la Banque mondiale estime que la consommation privée reprendra progressivement le relais, avec une croissance attendue supérieure à 4%, portée par un recul de l'inflation et un redressement de la confiance des ménages.
Cependant, l'analyse ne néglige pas les risques. L'institution identifie plusieurs contraintes structurelles : la rareté de la ressource en eau et l'exposition aux chocs climatiques ; des tensions sur le marché du travail ; le poids des importations énergétiques ; et des risques budgétaires qui pourraient réduire les marges de manœuvre publiques.
- Effet externe : la Banque mondiale évalue à environ 0,8 point la modération de la croissance liée au conflit au Moyen‑Orient.
- Moteur 2026 : l'investissement public et privé, stimulé par des projets d'infrastructure d'envergure.
- Horizon moyen terme : transition vers une demande domestique plus soutenue, si l'inflation se normalise.
Pour les partenaires économiques, dont la France, ces prévisions offrent des opportunités : entreprises de BTP, équipementiers et prestataires de services pourraient tirer parti des chantiers programmés jusqu'en 2030. Mais les vulnérabilités identifiées requièrent des politiques publiques ciblées pour transformer l'impulsion actuelle en croissance inclusive et résiliente. Sans actions sur l'eau, l'emploi et la maîtrise des dépenses, les gains pourraient rester concentrés.
Concrètement, cela signifie que la trajectoire positive soulignée par la Banque mondiale n'est pas automatique : elle dépendra de réformes structurelles, d'une gestion prudente des comptes publics et de la capacité à sécuriser les approvisionnements énergétiques à coût maîtrisé. Les prochains budgets et les décisions d'investissement seront observés de près par les bailleurs et les investisseurs internationaux.
| Indicateur | Projection |
|---|---|
| Croissance PIB (moyen terme) | 4,3% |
| Effet modérateur lié au conflit au Moyen‑Orient | ≈ 0,8 point |
| Progression de l'investissement (2026) | +11,2% |
| Consommation privée (moyen terme) | >4% |
Au final, la Banque mondiale livre une lecture prudente : le moteur de la croissance tourne, mais son rendement futur dépendra de la gestion des risques identifiés. Pour les acteurs français présents au Maroc, la fenêtre d'opportunité est réelle, mais conditionnelle à une trajectoire macroéconomique stable et à des améliorations structurelles durables.