Une année agricole exceptionnelle stimule la croissance prévue
Le Haut‑Commissariat au Plan du Maroc projette une hausse du produit intérieur brut de 4,8% en 2026, un rebond principalement expliqué par une forte amélioration de la production agricole après une campagne céréalière très favorable. Les pluies abondantes et mieux réparties ont restauré les réserves en eau et le couvert végétal, générant une progression notable des rendements.
Les chiffres clés de la campagne et leurs effets
Selon les estimations officielles, la production céréalière est attendue à près de 90 millions de quintaux, soit une croissance de 50,6% par rapport à la moyenne décennale. Cette performance se traduit par une augmentation de la valeur ajoutée agricole prévue à +19,1% en 2026. Toutefois, les prévisionnistes soulignent un effet de base important : la production devrait se contracter l'année suivante, avec une baisse attendue de 6,8% en 2027 si la campagne revient à un niveau moyen.
| Période | Indicateur | Variation |
|---|---|---|
| 2026 | Croissance du PIB | +4,8% |
| 2026 | Production céréalière (est.) | ≈ 90 M quintaux |
| 2026 | Valeur ajoutée agricole | +19,1% |
| 2027 (prévision) | Valeur ajoutée agricole | -6,8% |
Une croissance structurellement dépendante de l'agriculture
En dehors du secteur agricole, la progression devrait être plus mesurée : le PIB hors agriculture est estimé en hausse de 3,3% en 2026, avec une accélération à 4,2% en 2027. Les activités secondaires, elles, afficheraient une croissance limitée à 1,1% pour 2026, avant de remonter à 3,7% l'année suivante. Le secteur de la construction, après un bon tempo en 2025, verrait son rythme se tasser sous la pression des coûts énergétiques.
Conjoncture internationale et risques pour la demande extérieure
Ces projections s'inscrivent dans un environnement extérieur moins favorable : le rapport évoque un ralentissement de la croissance mondiale — attendue à 3,0% en 2026 — une hausse des prix des matières premières et des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement. La demande extérieure adressée au Maroc, notamment en provenance de la zone euro, devrait se tasser, réduisant la marge de manœuvre des exportations marocaines.
Enjeux pour les partenaires européens et conséquences économiques
Pour la France et ses entreprises présentes au Maroc, le scénario retenu met en lumière deux enseignements : d'une part, la sensibilité des résultats macroéconomiques aux aléas climatiques et agricoles ; d'autre part, la fragilité liée à un contexte extérieur morose qui pourrait freiner les exportations et les investissements. Une bonne année agricole offre un répit, mais le risque d'un retournement — mécanique après un effet de base élevé — demeure tangible.
- Dépendance agricole : la croissance 2026 est largement tributaire d'une bonne récolte.
- Vulnérabilité extérieure : le recul de la demande étrangère pèse sur les perspectives d'exportation.
- Risque de volatilité : l'effet de base suggère une normalisation ou un recul en 2027.
Ces projections du Haut‑Commissariat au Plan fournissent un cadre chiffré pour anticiper les cycles d'activité au Maroc et pour calibrer les politiques publiques et privées, tant domestiques qu'internationales, dans un contexte de pressions inflationnistes et de chaînes d'approvisionnement encore perturbées.