Hausse limitée du chômage en catégorie A au deuxième trimestre 2026
Le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité inscrits en catégorie A à France Travail a augmenté de 0,8 % au deuxième trimestre 2026, pour atteindre 3 323 000 personnes, ont annoncé le ministère du Travail et France Travail. Ce rebond intervient après une baisse de 1,2 % observée lors du trimestre précédent.
Ce que disent les chiffres « corrigés »
Les autorités statistiques soulignent toutefois que ces chiffres bruts doivent être interprétés avec précaution. Une série d’ajustements comptables — notamment la prise en compte automatique des allocataires du RSA et l’impact d’une pratique de non-radiation de certains inscrits observée depuis juin 2025 — modifient la trajectoire réelle.
Une fois ces effets retirés, le constat est moins net : sur le périmètre corrigé, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a en réalité légèrement diminué de 0,2 % au deuxième trimestre, après une baisse de 2,4 % au premier trimestre sur le même périmètre.
Ce que cela change pour les actifs et les entreprises
Sur le papier, la hausse à 3,323 millions alimente l’inquiétude : davantage de personnes sans activité inscrites pèsent sur l’efficacité des dispositifs d’accompagnement et peuvent signaler un repli du marché du travail. Mais la lecture corrigée atténue ce signal et invite à distinguer effets techniques et tendances conjoncturelles.
Pour les demandeurs d’emploi, l’enjeu reste le même : bénéficier d’un accompagnement adapté pour retrouver une activité. Pour les employeurs, ces chiffres corrigés peuvent conduire à des diagnostics différents sur la tension du marché du travail et sur les politiques de recrutement, formation et maintien dans l’emploi.
Données clés
| Période | Évolution trimestrielle (brute) | Niveau (cat. A) | Évolution trimestrielle (corrigée) |
|---|---|---|---|
| 1er trimestre 2026 | -1,2 % | — | -2,4 % |
| 2e trimestre 2026 | +0,8 % | 3 323 000 | -0,2 % |
Points de vigilance
- Les effets réglementaires (inscription automatique des allocataires du RSA, procédures de non-radiation ou de suspension) brouillent la lecture immédiate des variations trimestrielles.
- La différence entre chiffres bruts et chiffres corrigés montre qu’une hausse apparente peut masquer une dynamique sous-jacente plus favorable.
- Les interlocuteurs publics et privés doivent croiser ces séries avec d’autres indicateurs (offres d’emploi, durée d’inscription) pour évaluer la réalité du marché du travail.
Les chiffres publiés ce mardi appellent donc à la prudence : ils fournissent un point d’observation utile, mais ne suffisent pas à eux seuls pour conclure à un retournement durable du chômage. La distinction entre évolution brute et évolution retraitée demeure essentielle pour guider les décisions des politiques de l’emploi et des acteurs économiques.