Une hausse interrompant une courte embellie
Les chiffres du marché du travail publiés par la Dares pour le deuxième trimestre 2026 montrent un mouvement net : après un recul au trimestre précédent, le chômage repart à la hausse. Le nombre de demandeurs d'emploi sans aucune activité (catégorie A) inscrits à France Travail a augmenté de 0,8 % par rapport aux trois mois antérieurs, soit une hausse de 27 900 personnes, pour atteindre 3 323 000 inscrits.
Ce que mesurent les différents indicateurs
Si l'on élargit le périmètre pour intégrer les personnes exerçant une activité réduite (catégories B et C), le total des demandeurs d'emploi tenus de rechercher un travail s'établit à 5 801 500, en hausse de 1,3 % par rapport au trimestre précédent. La Dares précise également que, sur le périmètre plus large des inscriptions à France Travail hors certaines situations d'attente ou de parcours social (catégories A à E), le volume croît de 1,1 % sur le trimestre et de 2,6 % sur un an.
"Au 2ᵉ trimestre 2026, le nombre de personnes inscrites à France Travail qui ne sont ni en attente d’orientation ni en parcours social (catégories A, B, C, D, E) augmente de 1,1 % (+72 000) et augmente de 2,6 % sur un an", ajoute la Dares.
Des ajustements techniques à prendre en compte
La Dares signale toutefois que certains éléments de comptabilité pèsent sur la lecture immédiate de ces évolutions. Une correction liée à l'inscription automatique des allocataires du RSA et à la non-radiation de certains chômeurs depuis juin 2025 modifie légèrement le tableau : en tenant compte de ces ajustements, le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A reculerait de 0,2 % sur le trimestre. Autrement dit, la hausse brute de 0,8 % intègre des effets administratifs qu'il faut distinguer de la réalité du marché du travail.
Conséquences pour les demandeurs d'emploi et les employeurs
Concrètement, une remontée du chômage, même modeste, signifie une pression accrue sur les services de placement et d'accompagnement, et peut rendre plus difficile la reprise d'activité pour certains profils. Pour les entreprises, cela peut nourrir l'offre de candidats disponibles, mais aussi traduire des tensions sectorielles ou géographiques qui ne sont pas visibles dans l'agrégat national. La hausse plus prononcée lorsque l'on inclut les catégories B et C souligne que de nombreux actifs oscillent entre emploi réduit et recherche active, situation qui complique la lecture de la santé réelle du marché du travail.
Quelques chiffres clés
| Indicateur | Valeur | Variation (trimestre) |
|---|---|---|
| Demandeurs sans activité (cat. A) | 3 323 000 | +0,8 % (+27 900) |
| Demandeurs A, B, C tenus de rechercher | 5 801 500 | +1,3 % |
| Inscriptions A à E (hors attentes/parcours social) | — | +1,1 % (+72 000) |
Points d'attention pour les mois à venir
- Suivre l'impact des corrections administratives (inscriptions automatiques RSA et radiations) qui peuvent masquer des tendances réelles.
- Observer la répartition sectorielle et géographique de la hausse : l'agrégat national peut cacher des zones de tension importantes.
- Surveiller l'évolution des emplois à temps partiel ou réduits, car l'augmentation des catégories B et C traduit une précarisation possible des trajectoires professionnelles.
La hausse du chômage ce trimestre remet en lumière la fragilité des récentes améliorations et invite à une lecture nuancée des séries statistiques : derrière chaque point, il faut disséquer les causes — administratives, conjoncturelles ou structurelles — pour comprendre ce que cela change véritablement pour les salariés, les demandeurs d'emploi et les employeurs.