Un léger coup de pouce au rendement des livrets réglementés
Le gouvernement a officialisé une hausse du taux du Livret A : il passera de 1,5 % à 1,7 % à compter du 1er août. L'annonce, faite par le ministre de l'Économie sur un plateau télévisé, marque le premier relèvement intervenu depuis environ dix-huit mois et concerne également le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), calculé sur la même base.
Pourquoi cette progression ?
La décision prend sa source dans le regain d'inflation observé au printemps, que les autorités attribuent notamment aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient. La Banque de France avait proposé ce relèvement, qui a été ensuite avalisé par Bercy. Le calcul du taux réglementé combine en effet une part liée à l'évolution des prix en France et une part dépendante de la politique monétaire de la BCE.
"est en légère hausse" et "reste au-dessus du niveau de l’inflation moyen observé sur les six derniers mois"
Dans son communiqué, la banque centrale a souligné que le nouveau niveau proposé se situe au‑dessus de l'inflation moyenne sur six mois, soulignant l'intention de préserver un rendement réel positif, même modeste.
Historique et portée
Le Livret A a connu des taux très élevés entre 2023 et début 2025 (notamment 3 % pendant la période d'inflation forte liée au conflit en Ukraine), avant une décrue progressive jusqu'à 1,5 % en janvier 2026. Le relèvement à 1,7 % corrige partiellement cette baisse et peut avoir un effet sur l'attractivité du produit, alors que les ménages français détiennent une masse d'épargne importante sur ces livrets.
- Livret A : 1,5 % → 1,7 % au 1er août
- LDDS : même revalorisation que le Livret A
- LEP : maintien du taux à 2,5 %
| Produit | Taux précédent | Nouveau taux |
|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | 1,7 % |
| LDDS | 1,5 % | 1,7 % |
| LEP | 2,5 % | 2,5 % |
Conséquences pour l'épargne des Français
Le Livret A reste central : fin mai, selon les chiffres cités, quelque 58 millions de livrets représentaient environ 444,6 milliards d'euros. Une hausse, même modeste, peut freiner les sorties de capitaux observées récemment et améliorer légèrement le pouvoir d'achat des épargnants qui conservent leur argent sur ces comptes défiscalisés et disponibles.
Pour les particuliers, l'arbitrage entre liquidité, fiscalité et rendement demeure inchangé : le Livret A et le LDDS restent exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux, en contraste avec des placements plus rémunérateurs mais fiscalisés ou moins liquides. Le LEP, destiné aux foyers modestes, conserve son avance en taux.
À quel horizon ?
Cette révision montre que les taux réglementés restent sensibles aux évolutions conjoncturelles. Si l'inflation continue de progresser ou si la politique de la BCE évolue, de nouveaux ajustements restent possibles. Pour l'heure, la hausse annoncée est limitée mais symbolique : elle reconfirme la capacité d'adaptation du mécanisme de calcul du taux aux variations des prix et de l'environnement monétaire.
Reste à observer l'impact sur l'encours des livrets dans les prochains mois : la revalorisation pourrait ralentir l'érosion des dépôts constatée depuis le début de l'année, sans pour autant bouleverser les choix d'épargne à moyen terme.