Un ralentissement des prix qui infléchit la pression sur la Fed
Tom Barkin, président de la Réserve fédérale de Richmond, a estimé jeudi que la baisse continue de l'inflation aux États-Unis contribuait à contenir les anticipations d'inflation et à réduire la nécessité de nouvelles hausses des taux directeurs. Son analyse s'appuie sur les dernières publications macroéconomiques américaines, qui montrent un recul des mesures d'inflation et une activité du marché du travail moins vigoureuse qu'il n'y paraît.
"Plus les gros titres annoncent une "baisse de l'inflation", plus cela permet, selon moi, de contenir les anticipations"
Les chiffres publiés cette semaine donnent corps à ce diagnostic : l'indice des prix à la consommation (CPI) a ralenti à 3,4 % sur un an en juillet, conforme aux attentes. Du côté des prix à la production (PPI), la hausse annuelle est tombée à 4,7 %, après 5,5 % en juin, un chiffre inférieur aux prévisions.
Un marché du travail plus fragile que les statistiques ne le laissent entendre
Barkin a aussi souligné la fragilité de l'emploi : le rapport mensuel fait apparaître en juillet une destruction nette de 23 000 emplois non agricoles, alors que les économistes attendaient en moyenne une création de 80 000 postes. Le taux de chômage a toutefois légèrement reculé, passant de 4,2 % à 4,1 %.
- Inflation (CPI) : 3,4 % sur un an (juillet)
- Prix à la production (PPI) : 4,7 % en rythme annuel (juillet)
- Emploi : -23 000 emplois non agricoles (juillet)
- Taux de chômage : 4,1 % (juillet)
| Indicateur | Valeur | Mois |
|---|---|---|
| CPI (annuel) | 3,4 % | Juillet |
| PPI (annuel) | 4,7 % | Juillet |
| Variation de l'emploi non agricole | -23 000 | Juillet |
| Taux de chômage | 4,1 % | Juillet |
Pour Barkin, la répétition de titres annonçant une baisse de l'inflation joue un rôle sur les anticipations et, par ricochet, sur la politique monétaire. S'il reconnaît que la Fed n'a pas retrouvé son objectif de 2 % d'inflation depuis plus de cinq ans, il estime que la dynamique observée atténue l'urgence de nouveaux relèvements des taux.
Sur le plan concret pour les économies étrangères, dont la France, un infléchissement durable de l'inflation américaine limiterait la probabilité d'une hausse supplémentaire des taux longs outre-Atlantique. Cela contribuerait à stabiliser les marchés financiers mondiaux et pourrait alléger les tensions sur les coûts d'emprunt des entreprises et des États en Europe.
Cependant, l'existence d'un marché du travail moins robuste que les chiffres bruts ne le laissent entendre constitue une source d'incertitude : une moindre création d'emplois pèse sur la consommation, freinant la croissance, tandis qu'une inflation encore supérieure à l'objectif de 2 % maintient un risque de resserrement monétaire si la tendance venait à s'inverser.
En somme, la combinaison d'une inflation en recul et d'un emploi plus fragile crée un dilemme pour la Fed : la détente des prix réduit la pression pour relever les taux, mais la trajectoire future dépendra étroitement des prochains indicateurs de prix et de l'évolution du marché du travail.