Un recul paradoxal malgré des parcours solides
Dans plusieurs témoignages recueillis à Hô Chi Minh‑Ville, des cadres et professionnels âgés de 35 à 45 ans racontent une quête d'emploi devenue longue et anxiogène après des carrières considérées jusque-là stables. La réalité décrite montre un double phénomène : d'un côté, des personnes expérimentées conservent un capital compétences ; de l'autre, elles se heurtent à des attentes nouvelles des recruteurs et à des stéréotypes d'inadaptabilité ou de manque de flexibilité.
La pression financière et psychologique
Au‑delà de la perte d'emploi, la recherche prolongée pèse sur la situation familiale et la santé mentale. L'un des témoignages illustre ce stress :
« Au départ, je n'étais pas trop inquiet. Je pensais qu'avec mon expérience, il ne me faudrait que quelques semaines... »
Mais l'absence de réponses, les entretiens concluants sans suite et les préférences affichées pour des profils plus jeunes transforment rapidement l'attente en source d'angoisse et d'isolement professionnel.
Adapter son offre plutôt que dissimuler l'expérience
Plusieurs personnes interrogées soulignent qu'au‑delà du CV, il faut savoir montrer sa capacité d'adaptation aux évolutions technologiques et organisationnelles du marché du travail. La reconversion partielle, l'actualisation des compétences techniques et la révision du positionnement professionnel apparaissent comme des leviers indispensables pour raccrocher.
Ce que cela change pour les employeurs et les politiques publiques
Pour les employeurs, ignorer ce vivier revient à se priver de compétences managériales et sectorielles. Quelques pistes se dégagent :
- Mettre en place des dispositifs d'évaluation des compétences plutôt que de privilégier l'âge comme critère;
- Proposer des formations courtes et des parcours de reconversion pour faciliter la réinsertion;
- Éviter les annonces formulées de manière à décourager les profils expérimentés.
Conclusions
Le récit de ces chercheurs d'emploi entre 35 et 45 ans rappelle que l'expérience professionnelle n'est pas automatiquement valorisée par le marché. La clef réside dans la capacité à traduire l'expérience en compétences opérationnelles actuelles et dans des politiques de recrutement moins biaisées par l'âge. Pour les salariés concernés, l'enjeu est clair : se réapprendre à se vendre dans un paysage professionnel qui privilégie parfois la jeunesse perçue comme synonyme de flexibilité.