Faible hausse médiane : 2 % en 2026
Les négociations salariales menées en 2026 débouchent sur des revalorisations des salaires de base nettement ralenties. D'après la dernière édition de l'enquête NAO de Mercer France, l'enveloppe médiane consacrée aux augmentations générales atteint 2 % cette année, contre 4 % en 2024 et 2,5 % en 2025. Concrètement, ce rythme est inférieur à l'inflation, ce qui se traduit pour de nombreux salariés par une perte de pouvoir d'achat en termes réels.
Les entreprises expliquent ce choix par un contexte économique incertain et par une nouvelle priorité : corriger des écarts internes de rémunération et se préparer à des obligations de transparence plus strictes au niveau européen. Sophie de Heere, responsable rémunération chez Mercer France, indique que les hausses sont désormais « plus ciblées ».
« l’objectif pour certaines entreprises est de réduire certains écarts de salaire »
Des hausses individuelles plus fréquentes mais moins généreuses
Si les augmentations générales reculent, les mesures individuelles se maintiennent mais s'émoussent. L'enquête rapporte qu'en médiane 66 % des salariés bénéficient d'une hausse individuelle, principalement fondée sur le mérite et touchant davantage les cadres. Toutefois, ces augmentations individuelles restent plus faibles que lors des trois dernières années : la médiane était de 1,8 % en 2025 et devrait encore diminuer en 2026.
- Augmentation médiane des enveloppes (salaires de base) : 2024 = 4 %, 2025 = 2,5 %, 2026 = 2 %
- Part des salariés bénéficiant d'une hausse individuelle : 66 % (médiane)
- Augmentation individuelle médiane : 1,8 % en 2025 (en baisse prévue pour 2026)
| Année | Enveloppe médiane (générale) |
|---|---|
| 2024 | 4 % |
| 2025 | 2,5 % |
| 2026 | 2 % |
Conséquences et leviers alternatifs
Face à des augmentations générales compressées, les entreprises multiplient d'autres dispositifs pour compenser : renforcement de la participation aux titres-restaurant, révision d'accords d'intéressement, ou avantages en nature. Le télétravail, désormais structurant, reste majoritaire : la plupart des employeurs proposent deux jours de télétravail par semaine et une prime annuelle d'environ 200 €.
Le résultat est double. D'un côté, la cible des augmentations individuelles favorise la reconnaissance des performances. De l'autre, la limitation des hausses générales fragilise le pouvoir d'achat des salariés non-cadres, plus souvent concernés par ces augmentations collectives. Mercer signale aussi un climat social tendu : 17 % de désaccords lors des négociations, un indicateur de la pression persistante entre partenaires sociaux.
Ce que cela signifie pour les ménages et l'économie
Sur le plan macroéconomique, une progression salariale inférieure à l'inflation pèse sur la consommation et peut freiner la croissance domestique. Pour les ménages, cela implique des arbitrages budgétaires plus contraints, en particulier pour les catégories dont les salaires évoluent principalement via des revalorisations générales. Pour les entreprises, l'enjeu est d'équilibrer maîtrise des coûts et attractivité des talents dans un marché du travail encore tendu pour certaines compétences.
En résumé, 2026 marque un tournant : moins d'augmentations généralisées, une montée des revalorisations ciblées et des dispositifs compensatoires. Reste à voir si la nouvelle directive européenne sur la transparence salariale accélérera des ajustements structurels ou si elle renforcera la segmentation des politiques de rémunération.