Un rapport sur l'emploi qui change la donne
Les marchés américains ont terminé la séance de vendredi en territoire négatif après la publication d'un rapport sur l'emploi supérieur aux attentes. Le Dow Jones a cédé 0,51%, le Nasdaq a reculé de 0,29% et le S&P 500 a perdu 0,38%. Le chiffre clé du jour est celui des créations d'emplois non agricoles: 162 000 postes, soit environ le triple des prévisions des économistes mentionnées par les sources.
"Dans un monde normal, ce serait une bonne nouvelle. Les employeurs ont embauché. Le marché du travail n'a pas connu de repli"
Cette phrase d'un analyste financier résume la tension: un marché du travail encore solide est, en temps normal, signe de santé économique. Mais, dans le contexte actuel, il renforce l'argumentaire de la Réserve fédérale pour durcir sa politique monétaire afin de contenir l'inflation.
Des anticipations de taux bousculées
Après la diffusion des données, l'outil CME FedWatch a vu les probabilités d'une hausse des taux directeurs dès la réunion de la Fed prévue mi-septembre augmenter sensiblement. Une trajectoire de taux plus restrictive pèse généralement sur les valorisations boursières, expliquant en partie la baisse observée à Wall Street.
- Emplois créés : 162 000 (mois glissant rapporté)
- Inflation (CPI) : 3,4% en juillet sur un an
- Rendement du 10 ans : 4,78% après publication (4,77% à la clôture la veille)
Impact sur les taux et les entreprises
Le rendement des emprunts d'État à dix ans est passé à 4,78%, contre 4,77% la veille et 4,75% avant la publication du rapport. Cette hausse reflète l'ajustement des anticipations des investisseurs sur la politique monétaire et renchérit le coût du capital pour les entreprises.
Côté valeurs, la publication n'a pas épargné certains titres: Tesla a flanché de 5,92%, à 354,08 dollars. Le recul suit l'ouverture d'une enquête par la NHTSA portant sur le Cybercab, un véhicule sans volant ni pédales destiné à des services de taxi automatisés, lancée le jour même de son commercialisation.
Pourquoi cela compte pour le lecteur
Une Fed plus agressive signifierait des coûts d'emprunt plus élevés pour les ménages (crédits immobiliers, prêts à la consommation) et davantage de pression sur les entreprises financières et technologiques, qui sont sensibles à la valeur actualisée de leurs bénéfices futurs. Sur les marchés, la combinaison d'un emploi robuste et d'une inflation encore au-dessus de la cible de la Fed (2%) augmente la probabilité d'une phase prolongée de taux élevés.
À suivre
Les investisseurs restent attentifs à plusieurs données d'inflation attendues dans les prochains jours, qui pourraient confirmer ou tempérer l'interprétation donnée aujourd'hui au marché du travail. Comme le note un autre analyste cité, "l'issue n'est pas acquise" : il faudra croiser chômage, salaires et indices de prix pour évaluer la direction finale de la Fed.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Créations d'emplois | 162 000 |
| Inflation (CPI, juillet) | 3,4% |
| Rendement 10 ans (US) | 4,78% |