Une nette amélioration des rendements attendue
Les fonds en euros, qui ont longtemps subi une érosion de leurs performances, voient leur perspective se transformer. Le cabinet Good Value for Money projette un rendement moyen des fonds en euros à 2,90 % en 2026, contre environ 2,65 % en 2025. Le seuil symbolique des 3 % redevient ainsi accessible après plus d'une décennie de recul.
Pourquoi cette remontée se matérialise seulement maintenant ?
La hausse des rendements des fonds en euros n'est pas le fruit d'une simple conjoncture ; elle découle d'une évolution structurelle des portefeuilles détenus par les assureurs. La plupart de ces actifs sont composés d'obligations acquises au fil du temps. Or, même si les banques centrales ont engagé un relèvement de leurs taux directeurs depuis 2022, l'impact se diffuse avec un certain retard dans les bilans des compagnies d'assurance.
Ce décalage tient au mécanisme même des fonds en euros : ils capitalisent des obligations achetées précédemment à des taux généralement plus bas. À mesure que ces titres arrivent à échéance, ils sont remplacés par des obligations émises à des taux plus élevés, ce qui porte progressivement le rendement global des portefeuilles.
Ce que cela change pour l'épargnant
Les fonds en euros conservent deux caractéristiques centrales : la garantie en capital et l'effet cliquet qui sécurise définitivement les intérêts acquis. Leur redressement offre plusieurs conséquences pratiques :
- Renforcement de l'attractivité des fonds en euros dans les allocations prudentes.
- Relance de la concurrence entre assureurs qui proposent des offres bonifiées pour capter les versements.
- Possibilité pour les épargnants de réviser l'équilibre risque/rendement de leurs contrats d'assurance-vie.
Comparer pour arbitrer
Pour situer la dynamique, voici une synthèse chiffrée des niveaux évoqués par le cabinet :
| Année | Rendement moyen annoncé |
|---|---|
| 2025 | 2,65 % |
| 2026 (projection) | 2,90 % |
Les limites du renouveau
Si la tendance est significative, elle ne signifie pas un retour immédiat à des taux élevés comparables à d'autres époques. La progression dépendra de la durée et de l'ampleur du maintien des taux élevés sur les marchés obligataires et de la manière dont les assureurs gèreront leurs portefeuilles et leurs marges. Par ailleurs, la guerre des taux entre assureurs — qui a déjà conduit à des offres promotionnelles — traduit une compétition sur les conditions commerciales, mais elle n'affecte pas les fondamentaux de la garantie en capital.
Points à retenir pour l'épargne
- 2,90 % en 2026 est une projection porteuse d'espoir, reposant sur le renouvellement des obligations détenues par les assureurs.
- La remontée observée est progressive et liée au décalage entre la hausse des taux directeurs et le renouvellement des actifs en portefeuille.
- Les fonds en euros restent un instrument de sécurité patrimoniale, dont l'intérêt relatif doit être comparé à d'autres options selon l'horizon et la tolérance au risque.
Cette évolution invite les épargnants à surveiller non seulement les chiffres publiés chaque année par les assureurs, mais aussi la composition des fonds et les offres commerciales qui accompagnent ce regain d'intérêt.