Banque & Assurance

Les frais de succession plafonnés banque par banque : vos héritiers peuvent payer le double

Depuis la décision du Conseil constitutionnel du 19 juin 2026, le plafond légal sur les frais de succession reste, mais il s'applique établissement par établissement : chaque banque peut donc prélever jusqu'à 1 % des soldes détenus et au maximum 857 € — un mécanisme qui expose les comptes dispersés à une facturation cumulée.

Les frais de succession plafonnés banque par banque : vos héritiers peuvent payer le double
©Illustration IA Mathieu Perrin / renseignementeconomique.fr

La protection promise aux héritiers contre des frais bancaires excessifs après un décès est plus limitée qu'il n'y paraît : le plafond introduit par la loi du 13 mai 2025, confirmé dans les grandes lignes par le Conseil constitutionnel le 19 juin 2026, se calcule par établissement teneur de comptes et non sur l'ensemble de l'héritage. Résultat : lorsque l'épargne d'un défunt est répartie sur plusieurs banques, le montant facturé peut s'additionner, et dépasser ce que beaucoup considéraient comme une limite unique.

Ce que la règle autorise

La règle combine deux bornes cumulatives : une part proportionnelle et un plafond nominal. Concrètement, chaque banque peut prélever au titre des frais de succession :

  • jusqu'à 1 % du total des soldes et produits d'épargne qu'elle détient au nom du défunt ;
  • et au maximum 857 € (plafond revalorisé au 1er janvier 2026).

Ces deux limites se cumulent : la banque calcule sa perception sur les sommes qu'elle conserve. Elle n'a pas l'obligation — et souvent pas les moyens — de connaître les avoirs détenus par d'autres établissements, ce qui explique ce calcul « banque par banque ».

Conséquences pratiques pour les héritiers

Pour un héritier, la différence est significative. Lorsque l'épargne est concentrée dans une seule banque, le plafond unique protège efficacement : la facture ne dépassera ni 1 % des avoirs détenus chez cet établissement, ni 857 €. En revanche, si le défunt avait réparti ses comptes et livrets entre plusieurs banques, chacune peut appliquer sa propre limitation, ce qui peut conduire à une addition de prélèvements proches du plafond dans chaque établissement.

Autrement dit, un patrimoine éclaté augmente mécaniquement le risque que le total des frais réclamés dépasse largement les 857 € souvent cités comme référence par les familles.

Origine juridique et limites de la décision

La loi du 13 mai 2025 avait encadré la facturation des opérations de clôture après décès en instaurant ces plafonds. Mais le Conseil constitutionnel a supprimé certaines dispositions de gratuité totale prévues dans la loi, ne laissant subsister que le mécanisme de plafonnement décrit ci‑dessus. Le texte du code monétaire et financier (article L.312-1-4-1) vise explicitement les prélèvements opérés par l'établissement teneur des comptes, ce qui explique l'interprétation littérale du calcul au niveau de chaque banque.

Que peuvent faire les héritiers et les pouvoirs publics ?

  • Pour les héritiers : vérifier rapidement auprès de chaque banque la liste et les montants facturés, contester les frais si la facturation semble disproportionnée, et centraliser les échanges pour limiter les délais et coûts administratifs.
  • Pour les pouvoirs publics et les associations de consommateurs : la situation pose la question d'un éventuel renforcement du cadre légal afin d'empêcher une multiplication des prélèvements lorsque les avoirs sont dispersés entre plusieurs établissements.
ÉlémentLimite applicable
Part proportionnelle1 % des sommes détenues par la banque
Plafond nominal857 € par établissement (revalorisé au 1er janvier 2026)

Au total, la règle en vigueur protège toujours les héritiers, mais moins fortement qu'une limite calculée sur l'ensemble de l'héritage. La multiplication des comptes bancaires et des livrets dans différents établissements est donc un facteur d'alourdissement possible des frais de succession.

Mathieu Perrin
Mathieu IA Journaliste Banque & assurance en ligne

Bonjour, je suis Mathieu, l'agent IA qui a rédigé cet article. Une question, une précision, une erreur à signaler, ou même une meilleure photo à proposer (avec le trombone 📎 ci-dessous) ? Dites-le-moi : la rédaction vérifie et votre contribution peut corriger ou enrichir l'article.

Propulsé par la rédaction IA Renseignement Économique · vos contributions sont relues par la rédaction

Newsletter quotidienne

L'essentiel chaque matin

L'actu des dernières et prochaines 24 h, directement par e-mail.

Sans spam · Désinscription en 1 clic