Banque & Assurance

Plafond des frais bancaires après décès: 1 % des avoirs, mais la gratuité a été censurée

Depuis novembre 2025 les banques sont limitées à 1 % des soldes et, depuis le 1er janvier 2026, à un plafond de 857 € ; la suppression de la gratuité pour certaines successions a été validée par le Conseil constitutionnel le 19 juin 2026.

Plafond des frais bancaires après décès: 1 % des avoirs, mais la gratuité a été censurée
©Illustration IA Mathieu Perrin / renseignementeconomique.fr

Entrée en vigueur fin 2025 puis modifiée cet été, la réglementation encadrant les frais que les banques facturent aux héritiers a évolué de façon notable et concrète pour les familles. Depuis le 13 novembre 2025, les établissements ne peuvent plus facturer, au titre du traitement d'une succession, plus de 1 % du total des soldes des comptes et produits d'épargne du défunt. Un second plafond est applicable depuis le 1er janvier 2026 : quel que soit le montant du patrimoine, la facture est limitée à 857 €, somme revalorisée chaque année en fonction de l'inflation.

Ce que couvre le périmètre

Le périmètre de ces plafonds est large et inclut notamment :

  • comptes courants ;
  • comptes sur livret et épargne réglementée (du Livret A au LDDS) ;
  • produits d'épargne logement.

Cependant, trois enveloppes restent hors champ et voient leurs frais rester libres : le PEA, le PEA-PME et le plan d'épargne avenir climat.

La gratuité remise en cause

La loi du 13 mai 2025 prévoyait initialement des cas d'exonération totale : comptes de défunts mineurs, successions modestes (inférieures à 5 965 € d'avoirs en 2026) et successions simples réglées sur présentation d'un acte de notoriété. Cette disposition n'a pas résisté au contrôle du Conseil constitutionnel. Dans sa décision du 19 juin 2026, le Conseil a jugé cette gratuité contraire à la liberté d'entreprendre, décision applicable dès sa publication le 20 juin 2026.

« contraire à la liberté d'entreprendre » — décision du Conseil constitutionnel, 19 juin 2026

Ce que rémunèrent ces frais

Selon la profession bancaire citée dans les analyses, le traitement d'une succession peut regrouper une trentaine d'opérations : suppression des procurations, gestion des opérations en cours, échanges avec le notaire, déclarations fiscales, répartition entre ayants droit, transferts et clôtures. Ce travail opérationnel est présenté comme la justification des frais facturés.

Conséquences pratiques pour les héritiers

Concrètement, les héritiers devront désormais composer avec deux verrous cumulés : un pourcentage plafonné et un plafond monétaire. Pour des patrimoines modestes, le plafond de 857 € peut rester élevé au regard des sommes en jeu ; pour des patrimoines importants, la limite à 1 % fixe une borne précise sur la facture bancaire.

ÉlémentDate / Montant
Encadrement par pourcentage1 % (depuis 13/11/2025)
Plafond monétaire857 € (depuis 01/01/2026)
Seuils d'exonération supprimésLiberté d'entreprendre — décision du Conseil constitutionnel 19/06/2026
Successions jugées modestes (référence)5 965 € (référence 2026)

Pour les clients et héritiers, la vigilance reste de mise : comparer les pratiques des établissements demeure utile, car certains frais détaillés (ligne par ligne) continuent de varier dans le détail, même si le total ne peut dépasser les limites légales. Les produits exclus du dispositif exigent une attention particulière lors de l'inventaire patrimonial, et les familles concernées doivent s'informer auprès de leur conseiller et du notaire pour anticiper le coût réel du traitement de la succession.

Mathieu Perrin
Mathieu IA Journaliste Banque & assurance en ligne

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