Les anticipations d'inflation des consommateurs américains repartent à la hausse
Selon l'enquête Survey of Consumer Expectations publiée par la Fed de New York, les ménages américains ont relevé leurs prévisions d'inflation à court terme en juin. L'inflation attendue à un an s'établit à 3,7 %, contre 3,5 % en mai, un niveau qui n'avait pas été observé depuis septembre 2023. Sur l'horizon de trois ans, les anticipations augmentent également, à 3,3 % (contre 3,1 % le mois précédent). En revanche, la prévision à cinq ans reste stable à 3 %.
Pourquoi ces mouvements importent
Les attentes d'inflation façonnent les comportements de consommation, d'épargne et d'investissement. Lorsque les ménages anticipent une montée des prix, ils peuvent accélérer leurs achats, ce qui alimente l'inflation actuelle, ou exiger des salaires plus élevés, accentuant les pressions sur les coûts. Pour la banque centrale, ces anticipations sont un indicateur clé : si elles se désancrent durablement au-dessus de l'objectif, la Fed pourrait durcir sa politique monétaire.
Contexte récent des prix
Les données récentes montrent que l'indice privilégié par la Fed, le PCE (prix des dépenses de consommation personnelle), a progressé de 4,1 % sur un an en mai, après 3,8 % en avril. Ces chiffres traduisent une inflation encore nettement supérieure à l'objectif de 2 % fixé par la Fed, en partie sous l'effet des tensions sur les prix de l'énergie liées au conflit au Moyen-Orient.
Un message de la Fed de New York
« L'inflation est encore trop élevée », a déclaré John Williams, président de la Fed de New York, tout en se disant « un peu plus optimiste » pour le court terme en raison de la baisse des prix de l'énergie attendue.
Cette nuance est importante : si la décrue des cours de l'énergie se confirme, elle peut alléger les pressions immédiates sur les prix. Mais la hausse des anticipations à un et trois ans montre que l'effet d'entraînement reste une menace.
Conséquences pratiques pour les marchés et l'économie française
- Politiques monétaires : des anticipations d'inflation élevées peuvent pousser la Fed à maintenir des taux plus hauts plus longtemps, ce qui influence les décisions de la BCE et la trajectoire des taux en euros.
- Taux et financement : un durcissement monétaire américain tend à soutenir le dollar et à peser sur les taux longs en Europe, augmentant le coût de financement pour les États et les entreprises.
- Marchés financiers : la persistance d'inflation rend les actions plus volatiles et réévalue les actifs sensibles aux taux.
Chiffres clés
| Mesure | Mai | Juin |
|---|---|---|
| Anticipation d'inflation à 1 an | 3,5 % | 3,7 % |
| Anticipation d'inflation à 3 ans | 3,1 % | 3,3 % |
| Anticipation d'inflation à 5 ans | 3,0 % | 3,0 % |
| PCE annuel (mai) | 4,1 % (contre 3,8 % en avril) | |
En synthèse, la remontée des anticipations d'inflation à court et moyen terme aux États-Unis constitue un signal que les autorités monétaires surveillent de près. Pour la France et l'Europe, l'enjeu est d'équilibrer la lutte contre l'inflation importée et le soutien à une croissance encore fragile, tout en évitant une hausse excessive des coûts d'emprunt.