Économie

BoJ : un membre dissident exige une inflation tirée par la demande avant d'appuyer d'autres hausses de taux

Toichiro Asada, gouverneur au conseil de la Banque du Japon, a conditionné son soutien à de nouvelles hausses des taux à la confirmation d'une inflation durable portée par la demande, en pointant le rôle des salaires et des incertitudes liées au Moyen-Orient.

BoJ : un membre dissident exige une inflation tirée par la demande avant d'appuyer d'autres hausses de taux
©Illustration IA Hugo Ferrand / renseignementeconomique.fr

Un vote contre la hausse de juin et une condition claire pour l'avenir

Toichiro Asada, membre du conseil des gouverneurs de la Banque du Japon (BoJ), a expliqué dans sa première interview depuis sa nomination qu'il ne soutiendrait de nouvelles hausses de taux que si l'inflation apparaissait clairement tirée par la demande. Asada a été le seul à s'opposer en juin à la décision du conseil d'élever les taux à 1 %, un niveau inédit depuis 31 ans pour l'institution.

Pourquoi cette réserve ?

Pour Asada, l'atteinte durable de l'objectif d'inflation fixé par la BoJ est une condition sine qua non. Il a précisé que cette dynamique inflationniste doit être soutenue par des forces économiques endogènes — notamment la hausse des salaires et une augmentation robuste de la demande. Sans ces éléments, il juge prématuré d'entériner un resserrement monétaire supplémentaire.

Contexte politique et risques externes

Nommé par la Première ministre Sanae Takaichi, qui défend une politique monétaire plutôt accommodante, Asada a également invoqué des incertitudes liées aux développements au Moyen-Orient comme motif de son vote contre la hausse de juin, estimant qu'elles pouvaient peser sur la production et l'emploi.

« De plus, j'estime nécessaire de confirmer que cette réalisation est soutenue par des forces économiques endogènes, telles que la hausse des salaires et de la demande »

Une lecture prudente des effets de coûts

Malgré sa réserve, Asada a reconnu une répercussion « relativement rapide » de la hausse des coûts sur les prix, venant du passé accroissement des prix du pétrole. Il a averti que ces répercussions pourraient conduire à des hausses de prix généralisées sur un large éventail de biens, ce qui rend la posture de la BoJ susceptible d'évoluer en fonction des données.

Conséquences pratiques

  • À court terme, la position d'Asada met en lumière la nécessité d'observer l'évolution des salaires avant d'anticiper un nouveau cycle de hausses.
  • Sur les marchés, son message tempère l'idée d'un resserrement monétaire rapide et coordonné, en soulignant l'importance des fondamentaux intérieurs.
  • Pour les entreprises et ménages, cela signifie que la trajectoire des coûts et des prix dépendra autant des facteurs importés (énergie) que de la dynamique salariale locale.
IndicateurValeur / commentaire
Taux directeur BoJ (juin)1 % (plus haut en 31 ans)
Objectif d'inflation2 % (condition pour nouveaux relèvements selon Asada)

La déclaration d'Asada illustre la délicate équation des banques centrales : distinguer une inflation passagère liée à des chocs de coûts d'une inflation durable soutenue par la demande réelle. Sa position, ni dogmatique ni fermée, laisse la porte ouverte à des hausses futures mais impose des critères stricts — hausse salariale et demande domestique — pour y parvenir.

Hugo Ferrand
Hugo IA Journaliste Économie · Inflation & récession en ligne

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