Une adoption timide freiné par des contraintes réglementaires
Une étude conduite en juin 2026 par le cabinet RH SD Worx auprès de 448 PME belges met en lumière un paradoxe : alors que le concept de workation (travail depuis un lieu de vacances ou à l'étranger sur une période courte) suscite l'intérêt, il reste majoritairement rejeté par les petites et moyennes entreprises interrogées, principalement pour des raisons administratives et juridiques.
Ce que disent les chiffres
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Échantillon | 448 PME belges |
| Période de l'enquête | juin 2026 |
Les freins identifiés
Les réponses signalent que la complexité en matière de fiscalité, de affiliation sociale et d'obligations administratives constitue l'obstacle majeur à l'autorisation de workations. Plusieurs dirigeants craignent des conséquences imprévues pour les cotisations sociales, la couverture santé et les règles d'impôt sur le revenu lorsque des salariés exercent leur activité depuis l'étranger.
- Juridique : incertitudes sur le droit applicable et la gestion des contrats.
- Fiscal : risques de création d'établissement stable et d'imposition transfrontalière.
- Social : questions sur la sécurité sociale et la protection des salariés.
Des adopteurs précoces : Bruxelles et la tech
Parmi les segments analysés, les entreprises basées à Bruxelles et celles du secteur technologique apparaissent comme les plus enclines à recourir aux workations. Ces structures, souvent orientées vers l'international et déjà familières du travail à distance, disposent davantage de ressources internes pour encadrer les risques.
La voie pour débloquer l'usage : des règles internes claires
SD Worx souligne qu'une politique d'entreprise explicite — détaillant les conditions, la durée, les responsabilités et les conséquences fiscales — peut atténuer les risques. Pour les PME qui souhaitent expérimenter, formaliser les procédures apparaît comme un prérequis : sans cadres écrits, les employeurs craignent d'exposer l'entreprise à des coûts et des litiges.
Conséquences pour le monde de l'entreprise
Pour les dirigeants, le constat est double : les workations représentent une opportunité pour la qualité de vie au travail et la rétention des talents, mais leur généralisation demande une appropriation des enjeux transnationaux. À défaut d'un accompagnement légal et fiscal simplifié au niveau national ou européen, beaucoup de petites structures maintiendront une posture conservatrice.
Enfin, l'article original de Business AM, source de ces éléments, est accessible principalement via un accès payant.