La réforme du seuil de TVA produit des recettes immédiates mais suscite des inquiétudes sectorielles
Le gouvernement a rendu publics, le 4 août, les premiers chiffres issus de la baisse du seuil d'assujettissement à la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), entrée en vigueur le 1er octobre 2025. Selon les éléments présentés à l'Assemblée nationale par le Premier ministre et ministre des Finances, la mesure a généré Rs 655 millions entre le 1er octobre 2025 et le 29 juillet 2026.
Ce changement, décidé dans le Budget 2025-2026, ramène le seuil d'assujettissement de Rs 6 millions à Rs 3 millions de chiffre d'affaires annuel. L'objectif affiché par l'exécutif est double : élargir l'assiette fiscale et inciter davantage d'acteurs du secteur informel à rejoindre le régime formel.
La Mauritius Revenue Authority (MRA) enregistre, sur la période concernée, 8 764 nouvelles inscriptions à la TVA contre seulement 84 radiations. Ces données sont présentées comme le signe d'une intégration accrue d'entreprises auparavant hors du champ de la TVA.
- Recettes constatées : Rs 655 millions (1/10/2025–29/07/2026).
- Inscriptions nouvelles à la TVA : 8 764.
- Radiations enregistrées : 84.
Pour les entreprises récemment assujetties, l'inscription ouvre la possibilité de récupérer la TVA payée sur leurs achats professionnels (matières premières, machines, véhicules, équipements). Mais la réforme ne s'applique pas uniformément : certains secteurs restent exonérés et ne deviennent pas assujettis même si leur chiffre d'affaires dépasse Rs 3 millions. Sont cités, à titre d'exemple, des ventes alimentaires comme les fruits, légumes, poisson ou viande.
| Période | Recettes (Rs) | Nouvelles inscriptions | Radiations |
|---|---|---|---|
| 01/10/2025 – 29/07/2026 | 655 000 000 | 8 764 | 84 |
Sur le plan pratique, l'élargissement du régime implique pour les entreprises une série d'obligations nouvelles (tenue de comptabilité adaptée, déclaration et reversement de la TVA, respect des seuils). Les petites structures, en particulier, peuvent rencontrer des difficultés d'adaptation administrative et de trésorerie, malgré l'avantage potentiel de déduction de la TVA supportée sur leurs achats.
Les organisations patronales et des représentants de PME ont demandé un ajustement sectoriel, estimant que l'application uniforme du seuil à certains secteurs pénalise des acteurs pour lesquels la marge est faible ou la structure des coûts incompatibles avec une transition rapide. Le gouvernement met en avant l'équité fiscale et la lutte contre l'informalité, mais la controverse sur d'éventuelles mesures d'accompagnement demeure ouverte.
À court terme, le chiffre de Rs 655 millions témoigne d'un effet budgétaire réel. Reste à mesurer, dans les trimestres à venir, l'impact économique sur les entreprises concernées, les prix à la consommation et le comportement des acteurs informels. Le calendrier et la forme d'un éventuel ajustement sectoriel sont, pour l'heure, des questions qui devront être tranchées par l'exécutif en concertation avec les professionnels.