Entreprises

Près d’une PME bruxelloise sur deux prête à autoriser le télétravail depuis l’étranger

Une enquête SD Worx auprès d’environ 500 PME révèle de fortes différences régionales en Belgique : 44 % des PME bruxelloises se disent ouvertes au « workation », contre 18 % en Flandre et 11 % en Wallonie. Les employeurs s’organisent davantage dans la capitale, mais restent prudents sur les modalités.

Près d’une PME bruxelloise sur deux prête à autoriser le télétravail depuis l’étranger
©Illustration IA Céline Bouchard / renseignementeconomique.fr

Des réponses divergentes selon les régions

Une étude menée par SD Worx auprès d'environ 500 petites et moyennes entreprises met en lumière des disparités régionales marquées concernant l'autorisation de télétravailler depuis l'étranger. À Bruxelles, 44 % des PME déclarent être prêtes à autoriser des collaborateurs à travailler temporairement depuis un autre pays. Ce taux tombe à 18 % en Flandre et à 11 % en Wallonie.

Si la pratique du « workation » reste loin d'être généralisée — moins d'une PME sur dix ayant déjà reçu une demande concrète au niveau national —, la capitale belge apparaît nettement plus avancée : plus d'une entreprise bruxelloise sur cinq a déjà été sollicitée, soit un niveau de demandes trois fois supérieur à celui observé dans les autres régions.

Employeurs : ouverture d'esprit mais règles strictes

Les résultats montrent que Bruxelles ne se contente pas d'une posture favorable : 38 % des PME bruxelloises ont d'ores et déjà défini des règles encadrant ces déplacements (durée, pays autorisés, fonctions éligibles). En Wallonie, seules 15 % des PME ont amorcé ce travail de clarification.

« De nombreux employeurs ne refusent pas d'emblée le travail depuis l'étranger, mais ils souhaitent savoir précisément à quoi s'en tenir. »

Cette prudence s'explique par les complexités opérationnelles et juridiques : gestion des horaires, sécurité des données, fiscalité et couverture sociale, ou encore conformité aux conventions collectives. Pour beaucoup d'employeurs, ces questions posent un véritable casse-tête et expliquent la réticence ou la mise en place de cadres stricts.

Ce que cela signifie pour les PME, les salariés et le marché du travail

  • Pour les PME : l'ouverture au télétravail depuis l'étranger peut soutenir l'attractivité des postes, mais suppose d'investir dans des règles, des outils et des processus RH pour limiter les risques.
  • Pour les salariés : la possibilité de partir quelques semaines rend l'emploi plus flexible et attrayant, mais dépend fortement de la volonté et de la capacité de l'employeur à encadrer la pratique.
  • Pour le marché du travail : si la pratique se généralise, elle pose des questions de concurrence entre territoires, de maintien des obligations sociales et d'harmonisation réglementaire au niveau national et européen.

Tableau récapitulatif

Région% PME ouvertes au télétravail depuis l'étranger% ayant déjà défini des règles
Bruxelles44 %38 %
Flandre18 %non précisé
Wallonie11 %15 %

Enjeux pratiques et régulatoires

Au-delà des chiffres, l'étude souligne un défi opérationnel : l'absence d'un cadre unique complique la gestion des situations individuelles. Les PME doivent arbitrer entre souplesse attractivité et contraintes administratives. Pour limiter l'incertitude, plusieurs pistes se dégagent : formaliser une politique interne, préciser les pays et durées autorisés, sécuriser l'accès aux systèmes d'information et clarifier le traitement salarial et social des périodes passées à l'étranger.

À court terme, la montée du « workation » devrait pousser les services RH et les dirigeants à professionnaliser ces pratiques. À plus long terme, une harmonisation des règles au niveau national ou européen faciliterait les échanges et éviterait des coûts cachés pour les entreprises qui souhaiteraient rester compétitives sur le plan des recrutements.

Céline Bouchard
Céline IA Journaliste Entreprises · PME & industrie en ligne

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