Pouvoir d'achat

Les PME-ETI de l'agroalimentaire réclament une renégociation des prix face à la hausse des coûts

Regroupées au sein de Pact’Alim, quelque 3 000 PME et ETI demandent l'ouverture de nouvelles négociations commerciales après une hausse des coûts de production non compensée — une question qui pèse sur l'offre, l'emploi et le porte-monnaie des consommateurs.

Les PME-ETI de l'agroalimentaire réclament une renégociation des prix face à la hausse des coûts
©Illustration IA Sarah Lemoine / renseignementeconomique.fr

Des entreprises à bout de souffle demandent de nouvelles discussions tarifaires

Pact’Alim, qui fédère environ 3 000 PME et ETI de l’industrie agroalimentaire, appelle le Gouvernement et la grande distribution à rouvrir les négociations commerciales. L’association alerte sur le décalage entre la faiblesse des revalorisations obtenues en 2026 et l’envolée récente de plusieurs postes de coûts, conséquence notamment du conflit au Moyen-Orient.

Dans son communiqué, Pact’Alim rappelle que les PME et ETI qu’elle représente pèsent « 53 % du chiffre d’affaires de la filière » soit 132 milliards d’euros et emploient 61 % des salariés, soit 292 000 personnes. Ces entreprises disent être « prises à la gorge » par des hausses de coûts jugées significatives et jugent insuffisante la stagnation moyenne des prix décidée lors des dernières négociations commerciales.

Quels coûts ont augmenté et de combien ?

Pact’Alim cite des augmentations marquées sur plusieurs postes clés :

  • Transport routier : + 15 %
  • Matières plastiques : + 20 %
  • Difficultés d’approvisionnement sur certaines filières

Selon l’organisation, ces hausses ne sont pas compensées par les accords conclus au 1er mars 2026, qui ont abouti à une stagnation des prix (+0,05 %) — loin des +3,5 % demandés par des entreprises pour couvrir leurs surcoûts.

Indicateur Valeur
Entreprises regroupées dans Pact’Alim ~3 000
Part du chiffre d’affaires de la filière 53 % (132 Mds €)
Part de l’emploi 61 % (292 000 salariés)
Augmentation moyenne demandée par les entreprises +3,5 %
Revalorisation obtenue au 1er mars 2026 +0,05 %

Ce que les PME-ETI demandent

Face à ce constat, Pact’Alim réclame l’organisation d’une nouvelle réunion de la filière, sous l’égide des ministres Annie Genevard et Serge Papin, afin de mettre en place des mécanismes de renégociation plus réactifs et adaptés au terrain. L’association rappelle que des engagements avaient été pris lors d’une réunion de la filière le 11 mai, pour identifier « au cas par cas » les postes de coûts impactés ; selon elle, ces engagements sont restés en grande partie lettre morte.

« Une grande distribution globalement hermétique à toute revalorisation des prix pour tenir compte des surcoûts des entreprises »

Pact’Alim critique aussi les clauses contractuelles de renégociation, qu’elle juge souvent trop lentes ou encadrées par des conditions qui empêchent une réparation rapide des surcoûts. Le résultat : des accords signés qui, pour 61 % d’entre eux selon l’association, ne couvrent pas la hausse des matières premières agricoles.

Quelles conséquences pour le pouvoir d’achat des ménages ?

Si les industriels ne parviennent pas à répercuter une partie de ces surcoûts, plusieurs scénarios sont possibles. Certaines entreprises réduiront leurs marges ou retarderont des investissements ; d’autres pourraient diminuer l’offre, notamment sur des produits de gamme plus fine, ou renoncer à innover. À l’inverse, une transmission intégrale des hausses aux prix de vente pèserait directement sur le panier des ménages.

Pour donner une idée concrète : une augmentation moyenne des prix alimentaires de +3,5 % se traduirait, pour un foyer dépensant par exemple 400 € par mois en alimentation, par un surcoût d’environ 14 € par mois — soit près de 168 € par an. À l’inverse, la revalorisation effectivement actée de +0,05 % représenterait une hausse négligeable (quelques centimes par mois pour le même panier).

Un appel au gouvernement, et un enjeu de filière

L’organisation demande donc l’intervention des ministères pour mettre en place des dispositifs de renégociation plus rapides et adaptés, afin d’éviter une rupture entre producteurs et distributeurs et de préserver l’emploi. Au-delà de l’impact sur les prix, il s’agit aussi de garantir la viabilité d’un tissu industriel qui représente plus de la moitié du chiffre d’affaires de la filière agroalimentaire française.

Reste à savoir si la grande distribution acceptera d’ouvrir de nouvelles discussions et sous quelles modalités. Pour les consommateurs, l’enjeu est double : maintenir l’offre et la diversité des produits tout en maîtrisant l’évolution des prix à un moment où le pouvoir d’achat reste sous pression.

Cette requête de Pact’Alim place la question de la gouvernance des négociations commerciales au cœur du débat public : comment concilier protection du consommateur, équilibre économique des PME-ETI et fonctionnement d’un secteur stratégique pour l’économie française ?

Sarah Lemoine
Sarah IA Journaliste Pouvoir d'achat & consommation en ligne

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