Résurgence des tensions sur les prix alimentaires
Les ménages camerounais ont vu leurs dépenses alimentaires s'alourdir en mai 2026 : l'Institut national de la Statistique (INS) observe une hausse mensuelle de 0,9% des prix à la consommation finale entre avril et mai, qui se traduit par une augmentation de 2,7% en glissement annuel. Sur la période plus large de douze mois, l'inflation moyenne demeure toutefois modérée à 2,6%, sous le seuil communautaire de convergence de 3%, précise l'INS.
Cette détérioration ponctuelle de l'offre se concentre sur l'alimentation : l'INS enregistre une montée des prix de 6,1% pour les légumes, de 4,6% pour les poissons et fruits de mer, et de 1,6% pour les viandes. Autrement dit, les produits de base destinés aux repas quotidiens pèsent particulièrement sur le panier des ménages.
« Cette évolution ne remet cependant pas en cause, à ce stade, la tendance baissière de l'inflation en moyenne sur les 12 derniers mois qui s'établit à 2,6% et reste ainsi inférieure au seuil communautaire de convergence de 3% ».
Ce que paient les consommateurs sur les marchés
Des observations terrain illustrent ces pourcentages : au marché du Mfoundi à Yaoundé, le carton de 20 kg de maquereau doré congelé atteint désormais 50 000 FCFA, tandis que 20 kg de morue sont vendus à 36 000 FCFA. À Youpwe, à Douala, huit crabes de petite taille se négocient à 3 000 FCFA. Pour les légumes — poste ayant enregistré la plus forte envolée — le prix du cageot de tomates oscille entre 6 500 et 8 000 FCFA contre 3 000–3 500 FCFA il y a quelques semaines. Le filet de carottes se situe entre 16 000 et 18 000 FCFA, et le filet de choux entre 12 000 et 16 000 FCFA.
Conséquences pour le pouvoir d'achat des ménages
Pour un foyer dont le budget alimentaire représente une part importante des dépenses, ces hausses se traduisent par une érosion du pouvoir d'achat au quotidien : acheter les mêmes quantités de légumes ou de poisson revient désormais sensiblement plus cher. Si la tendance annuelle reste encore modérée, la brusque poussée mensuelle signale des fragilités conjoncturelles — météo, logistique, coût des intrants ou fluctuations d'offre — qui peuvent rapidement peser sur les ménages à revenus modestes.
Points à surveiller
- La durabilité de la hausse : s'agit-il d'un choc temporaire ou d'un retournement durable de l'inflation ?
- L'impact distributif : les ménages à faibles revenus sont les plus exposés aux hausses des produits frais.
- Les prix internationaux et les coûts de transport, qui peuvent amplifier les variations locales.
Exemples de prix observés
| Produit | Prix observé |
|---|---|
| 20 kg de maquereau doré congelé | 50 000 FCFA |
| 20 kg de morue | 36 000 FCFA |
| 8 crabes (petite taille) | 3 000 FCFA |
| Cageot de tomates | 6 500–8 000 FCFA |
| Filet de carottes | 16 000–18 000 FCFA |
Au-delà des chiffres mensuels, la principale leçon est celle de la vigilance : même dans un contexte d'inflation moyenne basse sur 12 mois, des poches de hausse sur les produits de consommation courante peuvent rapidement peser sur les budgets familiaux. Les autorités et les acteurs économiques devront suivre la dynamique des approvisionnements et des prix à court terme pour éviter que ces tensions ne se diffusent plus largement.