Moody’s alerte sur la capacité du gouvernement à assurer l’assainissement des comptes
L’agence de notation Moody’s a publié une note le 31 juillet estimant que la récente suspension partielle de la réforme des pensions constitue un « premier test » de la crédibilité budgétaire du pays. Si l’agence reconnaît certains efforts de consolidation, elle juge que la mise en œuvre effective des mesures reste la clé pour restaurer la confiance des marchés et améliorer la perspective sur la note souveraine.
Des fondamentaux jugés solides mais des vulnérabilités persistantes
Moody’s souligne que l’économie conserve des atouts : une diversification structurelle, une résilience de la croissance relative et une stabilité politique qui ont aidé à absorber des chocs extérieurs. Ces forces sont toutefois contrebalancées par deux fragilités importantes : un niveau d’endettement public élevé et les risques propres à une petite économie ouverte, très dépendante de la conjoncture internationale.
- Qualité des institutions : Moody’s relève un léger affaiblissement, imputé au recours antérieur à des mesures exceptionnelles en période de crise et à des erreurs dans des données économiques sous l’administration précédente.
- Risque de mise en œuvre : la suspension partielle de la réforme des retraites fragilise la trajectoire annoncée de redressement budgétaire.
Objectifs budgétaires et trajectoire économique
L’exécutif a affiché l’objectif de réduire le déficit public à 3,7 % du PIB en 2026-2027, contre une estimation antérieure à environ 6 %. Moody’s considère cependant que cette amélioration interviendra probablement de manière plus graduelle que prévu et n’a pas intégré dans ses projections d’éventuelles recettes issues d’accords internationaux mentionnés par le gouvernement.
| Indicateur | Valeur mentionnée |
|---|---|
| Déficit public visé (2026-2027) | 3,7 % du PIB |
| Déficit estimé précédent | ~6 % |
| Croissance (T1 2026) | 2 % |
| Projection de croissance à partir de 2027 | ~3,5 % (progressive) |
Conséquences et conditions pour retrouver une perspective stable
Pour que la perspective passe de négative à stable, Moody’s identifie des conditions claires : une mise en œuvre soutenue des mesures d’assainissement, une capacité à augmenter durablement les recettes publiques et un contrôle effectif des dépenses. L’agence met également en avant les réserves internationales élevées comme un élément de résilience face aux déficits extérieurs, mais rappelle que cela ne remplace pas un plan budgétaire crédible et durable.
En pratique, cela signifie que le gouvernement doit parvenir à traduire les engagements affichés en décisions concrètes — réformes structurelles, meilleure qualité des données économiques, et gestion rigoureuse des comptes — sous peine de voir persister la pression sur sa notation et, potentiellement, sur le coût d’emprunt externe.
Au-delà du cas précis, l’avertissement de Moody’s illustre un principe général : dans les économies ouvertes, la confiance des marchés repose autant sur les chiffres que sur la capacité politique à mener les réformes annoncées. La suspension partielle d’une réforme phare envoie un signal qui peut peser sur les anticipations et sur la trajectoire de long terme des finances publiques.