Le vote et ses objectifs
Le Conseil de Paris a approuvé, vendredi 17 juillet, le doublement de la taxe sur les logements vacants qui s'appliquera à compter du 1er janvier 2027. L'objectif affiché par la municipalité est de désengorger le marché locatif et de tenter d'enrayer le recul démographique de la capitale en remettant, selon la Ville, 20 000 logements sur le marché de la location ou de la vente.
Qui est concerné et comment la taxe change
Paris compte aujourd'hui 150 000 logements vacants — soit environ 9 % du parc — et, d'après les estimations citées par l'exécutif municipal, 80 000 logements seraient en situation de vacance structurelle et donc susceptibles d'être soumis à la taxe. La taxe est calculée à partir de la valeur locative cadastrale de chaque logement, réévaluée annuellement.
- Situation actuelle : taux fixés à 17 % après un an de vacance et 34 % ensuite.
- À partir du 1er janvier 2027 : taux portés à 30 % au bout d'un an et à 60 % au bout de deux ans.
"Une victoire historique après dix ans de bataille"
Jacques Baudrier, adjoint au logement, a salué le vote du Conseil comme une « victoire historique ». L'élu met en avant l'effet attendu : dissuader les propriétaires qui déclarent abusivement une résidence secondaire comme logement vacant pour optimiser leur fiscalité et freiner la baisse du nombre de résidences principales à Paris.
Exemple chiffré
La Ville a illustré l'impact de la surtaxe par un exemple concret : le propriétaire d'un appartement vide de 30 m2 dans le XVIIe arrondissement payait, avant réforme, environ 790 € de taxe. Avec la hausse votée, ce montant passerait à 1 400 € en janvier 2027, puis à 2 800 € à partir de 2028.
| Durée de vacance | Taux avant réforme | Taux après réforme (à partir de 2027) |
|---|---|---|
| Après 1 an | 17 % | 30 % |
| Après 2 ans | 34 % | 60 % |
Exonérations et aides
La Ville indique que les exonérations existantes resteront applicables lorsque la vacance est indépendante de la volonté du propriétaire : procédures judiciaires, succession, travaux lourds, logement mis en vente ou en location au prix du marché sans trouver preneur, etc. La municipalité annonce également la mise en place de dispositifs d'aide destinés aux propriétaires de biens vacants, sans autre précision chiffrée dans le communiqué cité.
Points de tension politique
L'opposition de droite a critiqué la mesure. Grégory Canal, coprésident du groupe Paris Liberté, a estimé que le doublement de la taxe « ne servira à rien » et a contesté les chiffres de la Ville sur la vacance. La majorité, elle, considère qu'un ajustement fort des taux est nécessaire pour modifier les comportements fonciers et relancer la mise en location et la vente des logements inoccupés.
Sur le plan fiscal, la réforme s'inscrit dans la loi de finances pour 2026 qui a permis aux communes d'augmenter ces taux. À l'échelle des contribuables parisiens propriétaires, la hausse transforme la taxe sur la vacance d'un outil relativement modéré en un levier financier beaucoup plus contraignant à l'horizon 2028.
Reste à observer si l'effet attendu — remise sur le marché de logements déclarés vacants et réduction de la vacance structurelle — se matérialisera dans les années à venir, et comment seront appliquées les exonérations pour les situations réellement indépendantes de la volonté des propriétaires.