Un record d'emploi pour les personnes nées à l'étranger dans l'UE
Selon une étude de la fondation Rockwool publiée récemment, plus de 68 % des personnes vivant dans un pays autre que celui où elles sont nées ont aujourd'hui un emploi dans l'Union européenne. Ce niveau constitue un record et traduit une intégration professionnelle accrue des populations immigrées au sein du marché du travail européen.
Ce que disent les chiffres
La progression est nette par rapport à 2017 : pour les migrants venus de pays hors Union européenne, la part en emploi est passée d'moins de 60 % à environ deux tiers aujourd'hui. Les migrants intra-européens, eux, connaissent des taux d'emploi souvent supérieurs à ceux des populations locales dans certains pays.
| Indicateur | Situation |
|---|---|
| Taux d'emploi global des immigrés (UE) | > 68 % |
| Taux pour migrants hors UE (2017) | < 60 % |
| Tendance actuelle pour migrants hors UE | ≈ 66 % |
Une intégration inégale, avec des conséquences pratiques
Les auteurs insistent sur la diversité de ces trajectoires. Certaines catégories progressent vite, d'autres restent en marge. Les femmes originaires de pays hors UE apparaissent comme le groupe le moins intégré : elles arrivent souvent via le regroupement familial et voient leurs compétences peu valorisées sur le marché du travail.
«Les immigrés s'adaptent de plus en plus aux besoins du marché du travail européen, ils sont plus flexibles, peuvent plus facilement se rendre dans les pays ou les régions qui ont besoin de leur force de travail», explique Tommaso Frattini, co-auteur de l'étude.
Pour les employeurs français, cette évolution change l'équation : une main-d'œuvre disponible et parfois mobile peut aider à combler des postes en tension. Mais l'étude pointe aussi un gisement d'emploi non exploité, notamment parmi les femmes immigrées et les personnes diplômées qui n'exercent pas à la hauteur de leurs qualifications.
Les leviers à actionner pour la France
- Reconnaissance des diplômes : faciliter l'évaluation et la validation des titres étrangers pour mieux utiliser des compétences surqualifiées.
- Insertion professionnelle des femmes : adapter les politiques d'accompagnement et d'accès à la formation aux parcours de celles arrivant par regroupement familial.
- Mobilité interne : favoriser la mobilité vers les régions et secteurs en tension par des incitations et des dispositifs de relais emploi-formation.
Autre point soulevé : même si le taux d'emploi augmente, la nature des emplois occupés et la qualité des parcours professionnels restent des variables cruciales. La transformation de cette progression en bénéfice économique et social dépendra des politiques publiques et des pratiques des entreprises en matière de reconnaissance des compétences, de formation et d'égalité d'accès.
Pour les salariés et les demandeurs d'emploi concernés, l'enjeu est clair : accéder à un emploi ne suffit pas toujours ; il faut que cet emploi corresponde aux qualifications et offre des perspectives de carrière. Pour les employeurs, la main-d'œuvre immigrée représente aujourd'hui une ressource stratégique — à condition d'investir dans la reconnaissance des compétences et l'intégration durable.