Un pari inversé sur l’emploi
Lancé en 2016, le dispositif Territoires zéro chômeur de longue durée repose sur une logique qui renverse l’approche conventionnelle : au lieu d’exiger que les personnes s’ajustent à des offres préexistantes, on conçoit des emplois en partant des capacités et des besoins locaux. Cette méthode vise à transformer des « activités invisibles » en postes stables, accessibles à des personnes durablement privées d’emploi.
Des résultats et une montée en charge
Déployée aujourd’hui sur 85 territoires, l’expérimentation a permis à plus de 8 000 individus de retrouver un emploi durable au sein d’entreprises à but d’emploi créées pour l’occasion. Ces structures embauchent sans sélection préalable, proposent des contrats à durée indéterminée et adaptent le temps de travail aux contraintes personnelles.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Année de lancement | 2016 |
| Territoires expérimentés | 85 |
| Personnes en emploi durable | 8 000+ |
Une mobilisation collective au cœur du dispositif
La méthode s’appuie sur une gouvernance locale. Un comité pour l’emploi rassemble élus, associations, acteurs économiques et habitants pour recenser les besoins non satisfaits et imaginer des activités utiles. L’objectif affiché est double : lutter contre l’exclusion et dynamiser des emplois qui, sans aide collective, resteraient économiquement négligés.
- Pour les demandeurs d’emploi : un accès direct à un contrat stable et à des postes aménagés selon leurs compétences.
- Pour les employeurs locaux : le développement d’activités répondant à des besoins concrets du territoire.
- Pour les collectivités : une alternative qui prétend réduire le coût social de la privation d’emploi.
Enjeux et limites
Si les chiffres témoignent d’une réussite certaine en termes de retours à l’emploi, plusieurs questions demeurent : la pérennité financière des entreprises à but d’emploi, leur capacité à monter en volume, et l’articulation avec le marché du travail local. Adapter le modèle à des territoires plus grands ou plus diversifiés nécessitera des arbitrages budgétaires et une coordination accrue entre acteurs publics et privés.
Ce que cela change
Concrètement, ce dispositif modifie le rapport au travail pour des milliers de personnes : il remplace la logique de sélection par une logique d’adaptation. Pour les employeurs, il ouvre des opportunités d’activités jusque-là peu valorisées. Pour les décideurs, il pose la question d’un investissement public ciblé qui pourrait, selon ses promoteurs, être moins coûteux que la prise en charge prolongée du chômage.
Reste à mesurer, sur le long terme, la capacité de cette expérimentation à s’étendre sans perdre son ancrage local ni la qualité d’accompagnement qui fait aujourd’hui sa force.