Une remontée franche après une décrue ponctuelle
Le ministère de l'Economie suisse a confirmé une reprise du taux de chômage en juillet, qui atteint désormais 3% contre 2,9% en juin. Au total, 139'276 personnes étaient inscrites fin juillet auprès des offices régionaux de placement, soit 1'525 chômeurs supplémentaires par rapport au mois précédent. Derrière ces chiffres, la situation du marché du travail montre des signaux d'essoufflement après plusieurs mois d'ajustements.
Qui est touché ?
La hausse touche plusieurs catégories :
- les jeunes : le taux de chômage des moins de 25 ans progresse de 0,1 point à 2,8% ;
- les salariés de 50 ans et plus : leur taux augmente également de 0,1 point à 2,7% ;
- les offres à pourvoir : les offices régionaux mettent en ligne 45'156 postes, soit 2'088 offres en moins qu'en juin (-4,4%).
Un contexte économique qui pèse
Les tendances de 2025 et du premier semestre 2026 donnent un cadre à ces chiffres. Après une progression régulière à la fin de 2025, le taux avait atteint 3,1% en décembre. Il a débuté 2026 à 3,2% en janvier et février avant de refluer brièvement sous les 3% en juin. Le gouvernement a d'ailleurs ajusté sa prévision pour 2026, la portant à 3,1% en moyenne, citant le « manque de vigueur de l'économie » qui se traduit sur le marché du travail.
le «manque de vigueur de l'économie» qui «se reflète sur le marché du travail»
Mesures publiques : chômage partiel prolongé
Pour limiter l'impact de la conjoncture sur l'emploi, Berne a renouvelé une mesure de protection : la durée maximale d'indemnisation du chômage partiel, portée à 24 mois (contre 18 mois auparavant), entrée en vigueur en novembre 2025 et prolongée avec effet au 1er août jusqu'au 31 janvier 2027. Ce dispositif vise à amortir les tensions provoquées par des chocs extérieurs, notamment les perturbations des marchés de l'énergie et des chaînes d'approvisionnement liées aux tensions géopolitiques.
Ce que cela change pour les acteurs du marché
Pour les salariés et les demandeurs d'emploi, la hausse du taux signifie une concurrence plus marquée sur les offres disponibles, alors même que leur nombre a reculé de plus de 2'000 postes en un mois. Pour les entreprises, la prolongation du chômage partiel offre un filet de sécurité permettant d'éviter des licenciements immédiats, mais elle masque aussi la persistance d'une demande intérieure atone et d'incertitudes externes.
| Période | Taux de chômage |
|---|---|
| Décembre 2025 | 3,1% |
| Janv.-Fév. 2026 | 3,2% |
| Juin 2026 | 2,9% |
| Juillet 2026 | 3,0% |
Perspectives
La légère hausse en juillet n'implique pas un retournement brutal du marché du travail, mais elle confirme une fragilité sous-jacente. Si l'économie peine à retrouver de la vigueur, le maintien de dispositifs comme le chômage partiel apparaîtra nécessaire pour contenir la montée du chômage. Les prochaines publications de l'emploi et les indicateurs d'activité éclaireront si cette remontée est temporaire ou le signe d'un ralentissement plus profond.