Warner Bros Discovery a publié des résultats trimestriels qui ont déjoué les anticipations du marché, sous l'effet d'un recul marqué du box-office et d'une chute des recettes publicitaires. Les données rendues publiques montrent un paysage financier contrasté : pertes sur les activités cinéma et réseaux linéaires, mais une dynamique positive du côté du streaming.
Des studios mis à mal par l'absence de hits
Le chiffre d'affaires des studios a plongé de 39 %, la performance des sorties récentes n'ayant pas compensé le succès de l'exercice précédent. Les sorties du semestre, dont Mortal Kombat II et Supergirl, n'ont pas permis de reproduire l'impact des blockbusters antérieurs « A Minecraft Movie » et « Sinners ». Le calendrier de Warner concentre ses espoirs sur le second semestre, avec des lancements attendus — notamment Digger et Dune: Part Three — censés redresser la dynamique du box-office.
Publicité en retrait : le vide laissé par la NBA
Une autre explication majeure de la baisse de revenus tient à l'absence de diffusion des matchs de la NBA cette saison : les recettes publicitaires ont chuté de 22 %, aggravées par le déclin de l'audience de la télévision linéaire domestique. Le segment des réseaux, qui comprend CNN, a vu ses ventes reculer de 17 %.
- Revenus totaux publiés : 8,72 milliards de dollars.
- Studios : -39 % de chiffre d'affaires.
- Publicité : -22 %.
- Réseaux : -17 %.
- Streaming : +10 % de chiffre d'affaires.
| Segment | Variation |
|---|---|
| Studios | -39 % |
| Publicité | -22 % |
| Réseaux | -17 % |
| Streaming | +10 % |
Résultats opérationnels et surprise positive
Malgré ces revers, la société a réduit ses charges d'exploitation de 23 %, notamment grâce à l'absence des coûts liés aux droits NBA et à des économies sur le contenu. Ce resserrement des coûts a permis à Warner Bros Discovery de publier un bénéfice par action trimestriel inattendu de 6 cents, alors que les analystes interrogés par LSEG prévoyaient une
« perte de 13 cents ».
Le streaming comme levier stratégique — et la fusion en suspens
Le segment streaming reste le point d'appui : la croissance de 10 % s'explique par l'expansion internationale de HBO Max et des séries originales fortes comme The Pitt, Euphoria et House of the Dragon. Ce positionnement sert l'ambition affichée par le groupe : créer une entité suffisamment massive pour concurrencer Netflix et Disney via le rapprochement prévu avec Paramount.
Cette fusion, évaluée à 110 milliards de dollars, est cependant freinée par des actions judiciaires : la Californie et onze autres États cherchent à bloquer l'opération pour des motifs anticoncurrentiels. Paramount a consenti à suspendre l'accord jusqu'en juin 2027, et un procès fédéral est programmé pour mars 2027.
Au total, le trimestre met en lumière une industrie du divertissement en pleine recomposition : la dépendance aux franchises à gros budget et aux droits sportifs linéaires reste une faiblesse, alors que la montée en puissance des abonnements streaming s'affirme comme la principale réponse stratégique des acteurs historiques. La trajectoire du second semestre et l'issue des procédures judiciaires autour de la fusion détermineront si Warner Bros Discovery parvient à transformer ces déséquilibres en relais de croissance durable.