Un taux de chômage des jeunes qui oblige à repenser l’offre d’insertion
Eswatini fait face à une situation d’emploi juvénile critique : près de 53 % des jeunes sont sans travail. Les autorités et les partenaires internationaux ont déployé un catalogue dense de mesures — de la formation à l’accès au crédit — mais se heurtent à une contrainte structurelle : un marché formel incapable d’absorber les flux annuels de nouveaux entrants.
Des dispositifs variés, des résultats limités
Fin juillet, le Centre national technique et d’innovation (NATICC) a organisé un dialogue à Gege pour rapprocher les jeunes des mécanismes d’insertion disponibles. Parmi les offres présentées figurent des prêts, des formations numériques, des financements agricoles et des parcours d’accompagnement. Voici les principaux instruments cités :
- Fonds rotatif pour l’entrepreneuriat des jeunes (YERF) : prêts sans garantie jusqu’à 200 000 emalangeni (≈ 12 300 USD).
- Youth 4 Change (Y4C), soutenu par l’UNICEF : parcours numériques via la plateforme YOMA.
- Initiatives de financement par le Fonds régional de développement et le NAMBOARD pour l’agriculture.
- Multiples organismes de formation couvrant agriculture, artisanat et compétences numériques.
« Acquérir des compétences qui correspondent aux exigences du marché », a exhorté Sisekelo Nzima, dirigeant du NATICC.
Le message est clair : la formation seule ne suffit pas. Sans débouchés réels, les parcours restent des signes d’activité mais pas nécessairement des portes d’entrée vers l’emploi formel.
Un appui international mais des limites structurelles
Sur le plan financier, la Banque mondiale a approuvé en mai 2025 un projet — EYEOP — destiné à améliorer les opportunités d’emploi pour les jeunes en Eswatini. Ce programme, financé par l’Association internationale de développement (IDA), vise 30 000 jeunes et marque la reprise des projets de l'IDA dans le pays depuis son changement de statut. Malgré ces soutiens, le défi reste macroéconomique : créer suffisamment d’emplois productifs dans un marché du travail formel restreint.
Conséquences pour les jeunes et enseignements pour les décideurs
Pour les jeunes eswatinis, la multiplication des offres signifie davantage d’opportunités d’apprentissage et d’accès au financement. Pour autant, l’impact sur l’emploi dépendra de la capacité des secteurs productifs — agriculture, artisanat, numérique — à absorber les nouveaux profils. Pour les financeurs et responsables de programmes, l’enjeu est d’aligner les contenus de formation et les produits de financement sur des filières réellement porteuses de débouchés locaux ou orientées vers les marchés régionaux.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Taux de chômage des jeunes | 53 % |
| Plafond prêt YERF | 200 000 emalangeni (~12 300 USD) |
| Objectif EYEOP | 30 000 jeunes |
À court terme, les politiques d’insertion doivent privilégier l’« employabilité » mesurable : stages rémunérés, appui à la création d’entreprises viables, liens directs avec les employeurs et adaptation des formations aux besoins locaux. Sans cela, le risque est que des programmes coûteux produisent des compétences sans marché, alimentant la frustration et prolongeant le chômage de la jeunesse.