Un objectif ambitieux de croissance et des besoins de financement colossaux
Le Vietnam vise un taux de croissance moyen du PIB de 10 % ou plus sur la période 2026-2030. Selon le Dr Can Van Luc, économiste en chef de la BIDV, cet objectif implique des besoins d'investissement annuels massifs : entre 280 et 300 milliards de dollars par an. Ces flux doivent financer infrastructures, développement industriel, transition énergétique et innovations technologiques, autant de chantiers à l'origine de la poussée attendue de la croissance.
"Le besoin total en capitaux d'investissement est estimé entre 280 et 300 milliards de dollars américains par an."
La configuration actuelle du financement vietnamien pose cependant un défi important. L'État ne peut pas absorber seul ces besoins : il ne devrait couvrir qu'environ 22 % du total. Le système bancaire, lui, reste le principal pourvoyeur de crédits, alors que le pays nécessite davantage d'instruments de financement à moyen et long terme.
Une architecture financière à réformer
Pour compenser le déficit public, le pays devra mobiliser le secteur privé national et des capitaux étrangers. Le rôle des marchés de capitaux – actions et obligations d'entreprises – est souligné comme central, mais ces marchés ne sont pas encore parvenus à leur maturité optimale pour absorber des montants aussi élevés et fournir des échéances longues suffisantes.
- Objectif d'investissement social total : croissance annuelle moyenne visée de 13–15 %.
- Part des capitaux dans la croissance : ces investissements doivent contribuer à hauteur de 40–42 % à la croissance économique.
- Part couverte par le budget de l'État : environ 22 % des besoins totaux.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Besoins annuels en capitaux | 280–300 milliards $ |
| Contribution visée des investissements à la croissance | 40–42 % |
| Part couverte par le budget de l'État | ~22 % |
| Croissance cible du PIB (2026–2030) | ≥ 10 % |
| Croissance cible des investissements sociaux totaux | 13–15 % |
Conséquences concrètes et enjeux pour les investisseurs
Sur le terrain, l'écart entre besoins et capacités publiques signifie plusieurs réalités : pression accrue sur le secteur bancaire pour refinancer des projets longs, besoin renforcé de marchés obligataires d'entreprise et d'instruments financiers innovants, et une nécessité d'attirer davantage d'investisseurs étrangers. Pour les entreprises internationales et institutions financières européennes, cela ouvre des opportunités de placement dans les infrastructures et l'énergie propre, mais impose aussi d'évaluer les risques liés à la liquidité des marchés locaux et à la gouvernance des projets.
Enfin, si le Vietnam parvient à diversifier ses canaux de financement — notamment par le développement des marchés de capitaux et des partenariats public-privé —, il pourra soutenir la transition d'une dépendance excessive au crédit bancaire vers un système financier plus équilibré, capable de financer des projets d'envergure sur le long terme.
Reste à connaître les mesures concretisées pour développer ces canaux : assainissement réglementaire, incitations fiscales, renforcement de la transparence des émissions obligataires et stimulation de la participation des gestionnaires d'actifs internationaux permettront d'évaluer la crédibilité de cette trajectoire de croissance.