Des indices en hausse, la perspective d'un répit pour la Fed
Les principaux indices de la Bourse de New York ont clôturé en hausse jeudi, soutenus par des chiffres d'inflation moins vifs que redouté, qui diminuent l'urgence pour la Réserve fédérale américaine d'entamer un nouveau cycle de hausses de taux. Le S&P 500 a pris 0,65% et a atteint un sommet inédit à 7 798,99 points. Le Nasdaq a gagné 0,81% et le Dow Jones a progressé de 0,13%.
Les publications de la semaine ont montré une inflation modérée : l'indice des prix à la production (PPI) est resté stable en juillet, confirmant la veille la décélération observée sur l'indice des prix à la consommation (CPI). Ces éléments dessinent une fenêtre de manoeuvre réduite pour la Fed avant sa réunion de septembre, selon plusieurs analystes.
"Cette semaine est la plus calme de l'été en termes de volumes; il est donc difficile d'accorder beaucoup de crédibilité aux fluctuations observées"
Cette mise en garde d'Art Hogan, de B. Riley Wealth Management, rappelle que l'activité de marché est traditionnellement faible en période estivale, ce qui peut amplifier des mouvements de prix sans forcément traduire une tendance durable. Néanmoins, la succession de rapports sur les prix donne aujourd'hui l'impression que l'inflation est contenue pour l'instant, ce qui allège le risque d'un resserrement massif des conditions financières à très court terme.
Conséquences pour les taux et le marché obligataire
Sur le marché des taux, le rendement des obligations d'État américaines à dix ans a reculé, à 4,65% vers 20h20 GMT, contre 4,69% la veille. Une baisse des rendements souverains tend à réduire les coûts d'emprunt sur les marchés et favorise les actifs risqués comme les actions.
- Inflation : PPI stable en juillet, CPI en ralentissement (données récentes)
- Indices : S&P 500 à un record (7 798,99 pts), Nasdaq +0,81 %, Dow +0,13 %
- Taux : rendement 10 ans US à 4,65 %
Ce qui reste à venir
Les économistes et gérants soulignent que d'autres publications macroéconomiques sont attendues avant la réunion de la Fed : plusieurs indices d'inflation supplémentaires ainsi qu'un rapport sur l'emploi devraient arriver dans les semaines à venir et pourraient modifier les anticipations des investisseurs. Bill Adams, de Fifth Third Commercial Bank, estime que la banque centrale pourrait préférer ménager le marché du travail — déjà montré en signes de fragilité — plutôt que de poursuivre un resserrement agressif à court terme.
Enfin, la communication récente du nouveau président de la Fed, qui privilégie de ne pas divulguer d'orientation précoce sur la politique monétaire, ajoute une part d'incertitude. Les marchés restent donc attentifs : une série de chiffres clairs et durables sera nécessaire pour confirmer que l'inflation suit une trajectoire suffisamment stable pour laisser la Fed inchangée en septembre.
| Indice | Variation | Niveau |
|---|---|---|
| S&P 500 | +0,65 % | 7 798,99 |
| Nasdaq | +0,81 % | - |
| Dow Jones | +0,13 % | - |
Pour le lecteur français, ces développements américains ont des répercussions concrètes : une Fed moins pressée de relever ses taux tend à freiner la hausse des rendements en euros, soutenant potentiellement les marchés d'actions locaux et modulant la trajectoire de l'euro face au dollar, avec des effets sur l'inflation importée et le coût des emprunts souverains et privés.