Un stock d'épargne important faiblement rémunéré
Selon la Banque de France, les livrets ordinaires détenus par les ménages totalisaient 231 milliards d'euros en mai 2026 et affichaient une rémunération moyenne de 0,75 % brut. Cette moyenne recule par rapport à l'année précédente, où elle s'établissait à 0,83 %. Il s'agit de produits non réglementés, dont le taux est fixé librement par chaque établissement, à la différence du Livret A ou du LDDS.
Pourquoi tant d'argent reste-t-il sur ces livrets ?
- L'habitude : beaucoup de comptes ont été ouverts il y a des années et sont restés actifs sans réexamen régulier.
- La perception d'équivalence : une partie des épargnants estime que tous les livrets se valent, ce qui n'est pas exact en termes de taux.
- La préférence pour la liquidité : ces livrets permettent un retrait à tout moment, critère prioritaire pour des fonds de précaution.
- La fin d'une promotion : des taux boostés temporaires peuvent expirer sans que le titulaire ne s'en aperçoive.
Ce que change le taux : simulations sur 12 mois
Pour mesurer l'impact concret, la publication propose des simulations théoriques sur douze mois pleins, sans retrait, avec application du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 % en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Elles partent d'hypothèses simples : capital maintenu toute la période, hors effets de date de valeur ou autres particularités bancaires.
| Capital | Taux | Intérêts bruts | Intérêts nets (après PFU 31,4%) |
|---|---|---|---|
| 10 000 € | 0,75 % | 75 € | ~51 € |
| 10 000 € | 2,80 % | 280 € | ~192 € |
| 50 000 € | 0,75 % | 375 € | ~257 € |
| 50 000 € | 2,80 % | 1 400 € | ~960 € |
Interprétations et conséquences
La comparaison met en relief l'ampleur des gains potentiels lorsqu'un épargnant déplace ses sommes d'un livret ordinaire moyen (0,75 %) vers une offre promotionnelle notable (ex. 2,80 % sur 12 mois, plafonnée à 300 000 € selon l'exemple cité par le marché). Pour un capital conséquent, l'écart annuel en intérêts nets peut atteindre plusieurs centaines, voire milliers d'euros.
Pour les établissements, maintenir des encours massifs sur des livrets peu rémunérateurs réduit le coût de collecte, mais pose la question de la concurrence commerciale et de la mobilité de l'épargne. Pour les ménages, l'enjeu est opérationnel : vérifier le taux effectivement appliqué, surveiller la fin des promotions et arbitrer entre disponibilité et rendement.
Points d'attention pour l'épargnant
- Contrôler régulièrement le taux appliqué à chaque livret et les dates de fin de promotion.
- Comparer net après fiscalité : le PFU de 31,4 % grève le rendement affiché.
- Tenir compte de la liquidité nécessaire avant tout transfert vers un produit potentiellement plus rémunérateur mais moins disponible.
Le constat est simple : une part importante de l'épargne liquide des Français reste placée à des taux modestes. Mesurer la différence entre taux affiché et rendement net, et réévaluer périodiquement ses placements, reste essentiel pour améliorer le rendement global du patrimoine sans renoncer à la sécurité et à la disponibilité souhaitées.