La déclaration papier résiste : qui est concerné et quel coût pour l'administration
La dématérialisation fiscale progresse mais n’a pas effacé le papier. Selon une étude de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) publiée début juillet, 5,1 millions de foyers fiscaux ont rempli une déclaration papier en 2024. Sur l’ensemble des déclarants, la télédéclaration reste majoritaire : elle représentait 87,8 % des dossiers, soit 36,5 millions de déclarations en 2024.
Pour autant, la France ne figure pas parmi les meilleurs élèves en matière de déclaration en ligne à l’échelle internationale : la DGFiP place le pays à la 20e position au sein de l’Union européenne, à la 31e place parmi les pays de l’OCDE et à la 72e au plan mondial.
Un coût identifié et des mesures pour réduire les envois
Le recours au papier pèse financièrement : le coût de traitement de ces déclarations est estimé à 23,6 millions d’euros « au moins ». Pour limiter ce poste, l’administration fiscale a déjà engagé des changements dans sa pratique d’envoi des imprimés.
« Depuis le printemps 2025, par exemple, le fisc n’adresse plus de déclarations papier aux contribuables ayant télédéclaré leurs revenus l’année précédente. »
Concrètement, sur les 13,2 millions de personnes qui ont reçu un formulaire par courrier en 2024, 5,1 millions ont choisi de remplir et de renvoyer le papier. L’administration a donc ciblé une réduction des envois initiaux pour réduire le volume d’imprimés à distribuer et traiter.
Qui utilise encore le papier ?
La DGFiP ne détaille pas dans les extraits publiés les profils fins des utilisateurs du papier, mais le chiffre montre qu’une part non négligeable des foyers conserve ce réflexe : il peut s’agir de personnes peu équipées numériquement, de situations familiales complexes, ou de contribuables attachés au format imprimé pour des raisons pratiques ou de confiance.
- 87,8 % : part des déclarations effectuées en ligne en 2024.
- 36,5 millions : nombre total de télédéclarations en 2024.
- 5,1 millions : foyers ayant utilisé un formulaire papier en 2024.
- 13,2 millions : personnes ayant reçu un formulaire papier par courrier.
- 23,6 millions d’euros « au moins » : coût estimé du traitement des déclarations papier.
Conséquences et perspectives
L’effort de réduction des envois de formulaires s’inscrit dans une logique de maîtrise des dépenses de la DGFiP et de modernisation des processus. La mesure citée — ne plus adresser d’imprimé à ceux qui ont télédéclaré l’année précédente — vise à créer une incitation pragmatique à rester en ligne et à diminuer les coûts récurrents de traitement.
Sur le plan des usagers, la transition complète vers le tout numérique reste néanmoins entravée par des barrières d’équipement, d’habitude et parfois de compréhension des services en ligne. Pour l’administration, la question est désormais d’affiner les ciblages d’exclusion et d’accompagnement afin de réduire progressivement le stock de déclarations papier sans laisser de contribuables à l’écart.
| Indicateur | Valeur 2024 |
|---|---|
| Part de télédéclaration | 87,8 % |
| Nombre de télédéclarations | 36,5 millions |
| Foyers ayant rempli un papier | 5,1 millions |
| Personnes ayant reçu un formulaire papier | 13,2 millions |
| Coût estimé du traitement papier | 23,6 M€ « au moins » |
La DGFiP a donc engagé des mesures pour réduire les envois et les coûts associés, mais la persistance d’un nombre élevé de déclarations papier montre que la transition numérique reste un chantier à mener, tant pour l’administration que pour accompagner certains publics vers la télédéclaration.
Points à suivre : l’évolution des volumes de formulaires papier après la généralisation des restrictions d’envoi et les actions d’accompagnement ciblées vers les publics les plus éloignés du numérique.