La France reste largement numérique, mais la voie papier perdure
La dématérialisation de la déclaration de revenus s’est imposée depuis son lancement en 2002, mais elle n’a pas effacé la version papier : selon une étude de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) publiée début juillet, 87,8 % des déclarations ont été effectuées en ligne en 2024, soit 36,5 millions de formulaires télédéclarés. Néanmoins, 5,1 millions de foyers fiscaux ont encore renvoyé une déclaration papier cette même année.
Ces chiffres disent une chose claire : la plupart des contribuables utilisent désormais la télédéclaration, mais une fraction non négligeable reste attachée au format papier ou se trouve empêchée d’accéder au numérique. Sur les 13,2 millions de personnes qui ont reçu un formulaire par courrier, 5,1 millions l’ont renvoyé complété sur papier.
Coûts et positionnement international
Le traitement des déclarations papier a un coût significatif pour l’administration fiscale. La DGFiP évalue ce coût à 23,6 millions d’euros « au moins » pour l’exercice considéré. Sur le plan international, la France n’apparaît pas comme un modèle de télédéclaration : elle se classe 20e dans l’Union européenne, 31e parmi les pays de l’OCDE et 72e au niveau mondial.
« au moins »
Mesures pour réduire les envois et publics concernés
Pour limiter la persistance du papier, l’administration fiscale a déjà engagé plusieurs mesures. Depuis le printemps 2025, la DGFiP n’envoie plus de formulaire papier aux contribuables qui ont télédéclaré leurs revenus l’année précédente. Cette règle vise à cibler les envois sur les publics qui n’ont pas effectué la télédéclaration, et à réduire le volume de courrier et les coûts de traitement.
- Contribuables concernés : tous les foyers ayant télédéclaré en 2024 et au-delà sont désormais susceptibles de ne plus recevoir de formulaire papier l’année suivante.
- Contribuables non concernés : ceux qui n’ont pas utilisé la télédéclaration l’année précédente continuent de recevoir le formulaire papier.
- Publics fragiles : la DGFiP reconnaît implicitement que des personnes peuvent être exclues du tout-numérique (absence d’accès à Internet, difficulté d’usage, situations particulières).
Conséquences pratiques et enjeux
La persistance du papier mobilise des ressources humaines et financières pour l’État, et pose la question de l’accessibilité des services publics pour tous les contribuables. Un coût estimé à 23,6 millions d’euros n’est pas négligeable et justifie les efforts de la DGFiP pour inciter à la télédéclaration. Mais les chiffres publiés montrent aussi qu’une transition complète suppose d’accompagner les personnes éloignées du numérique plutôt que de simplement supprimer l’option papier.
Enfin, le classement international rappelle que la France, malgré une large majorité de télédéclarations, a encore une marge de progrès en matière de dématérialisation par rapport à d’autres pays.
La DGFiP, par son étude de début juillet, fournit un état des lieux chiffré : il servira de base aux prochaines décisions visant à réduire le recours au papier tout en protégeant les contribuables qui ne peuvent pas basculer immédiatement vers le tout‑numérique.