Le marché des crédits dédiés aux travaux d'économies d'énergie marque une légère reprise
Au deuxième trimestre, 8 950 crédits à la consommation ont été accordés pour financer des investissements visant à améliorer la performance énergétique des logements, notamment l'installation de pompes à chaleur, de panneaux solaires ou l'isolation, d'après les données publiées par l'organisation professionnelle Febelfin.
Sur un an, cela représente une hausse de 1,4% en nombre de contrats ; en revanche, le montant global de ces financements reste stable par rapport au deuxième trimestre 2025. Ces évolutions témoignent d'un marché qui reprend légèrement de la vigueur sans basculer vers une dynamique soutenue.
"Cette évolution s'inscrit dans un contexte rappelant celui de la crise énergétique de 2022, marqué par les tensions actuelles liées à la situation au Moyen-Orient. Toutefois, contrairement à 2022, ces tensions ne se traduisent pas par une hausse comparable de la demande de crédits pour les économies d'énergie."
Febelfin met en perspective ces chiffres avec la période de 2022 : à ce moment-là, la demande en crédits pour la rénovation énergétique avait connu un pic lié à la flambée des prix de l'énergie. Depuis, la demande recule significativement. En comparaison avec 2022, le nombre de prêts est en retrait de 43% et le montant total financé a diminué de 14,4%.
Conséquences pour les établissements prêteurs et les ménages
Pour les banques et organismes de crédit, ces données signent un retour à une normalisation des volumes après un cycle de forte demande. La stabilité des montants malgré la hausse du nombre de dossiers peut indiquer :
- des montants unitaires moyens plus faibles par dossier,
- une diversification des profils d'opérations (petits travaux vs projets globaux),
- ou une politique tarifaire et d'octroi plus prudente des établissements.
Pour les ménages, la perspective est double : les dispositifs publics d'aide (à rappeler par les plateformes officielles) et les offres commerciales des banques peuvent rendre certains travaux plus abordables, mais la moindre impulsion observée depuis 2022 indique aussi une moindre urgence perçue par les ménages ou des arbitrages budgétaires différents.
Données chiffrées
| Période | Nombre de crédits | Évolution (nombre) | Évolution (montant) |
|---|---|---|---|
| 2e trimestre 2026 | 8 950 | +1,4% vs 2T 2025 | Stable vs 2T 2025 |
| Comparaison 2022 → 2026 | -43% | -14,4% de montant total | |
En l'absence d'une envolée de la demande semblable à celle de 2022, les banques vont probablement maintenir une vigilance sur les barèmes et garanties associées à ces prêts. Les acteurs du secteur devront suivre de près l'impact des facteurs externes — prix de l'énergie, aides publiques, taux d'intérêt — qui continuent de peser sur la décision des ménages.
Enfin, la nuance apportée par Febelfin sur le contexte international rappelle que des tensions géopolitiques récentes n'entraînent pas automatiquement un réflexe massif d'investissement dans l'efficacité énergétique, contrairement au mouvement observé lors de la précédente crise énergétique.