Ottawa met la pression pour faire lever les droits de douane américains
Le gouvernement canadien a annoncé qu'il ne ménagerait aucun effort pour obtenir la suppression des droits de douane imposés par les Etats-Unis sur l’acier et l’aluminium. Intervenant lors d’un point de presse à Toronto, le premier ministre Mark Carney a affirmé que toutes les options restaient ouvertes pour obtenir un règlement complet des mesures fondées sur la section 232.
Les échanges entre Ottawa et Washington se sont intensifiés ces derniers jours: une délégation canadienne de haut niveau est engagée à l'heure actuelle à Washington pour conduire des négociations jugées « constructives » par les autorités canadiennes. Parmi les acteurs sur place figurent le ministre responsable du commerce Canada–États-Unis, Dominic LeBlanc, la négociatrice Janice Charette et l’ambassadeur Mark Wiseman. Le chef de la diplomatie commerciale américaine, Jamieson Greer, a rencontré la délégation, selon un message posté par LeBlanc sur ses réseaux sociaux.
« Nous avons des options. […] Ce n’est pas le moment de [dévoiler] nos options », a déclaré Mark Carney.
Les pourparlers ont pris une tournure délicate depuis l’annonce, inattendue, par Washington d’une nouvelle vague de droits de douane devant entrer en vigueur dans moins de deux semaines. Selon des informations du Globe and Mail relayées par Ottawa, une piste de négociation envisagerait la suppression des taxes américaines en échange d’un mécanisme de quotas limitant certaines exportations canadiennes — un scénario qui, pour l’instant, n’a ni été confirmé ni infirmé par les responsables.
Conséquences sectorielles et risques de représailles
La stratégie canadienne doit composer avec un passé récent de répliques tarifaires: l’an dernier, Ottawa avait déjà imposé un droit de 25 % sur les véhicules provenant des États-Unis. En retour, Washington a annoncé des droits de 50 % sur une série de biens de consommation, programmés pour le 19 août, élargissant le champ des tensions commerciales bilatérales.
- Automobile : visée par des mesures canadiennes précédentes (25 %).
- Biens de consommation : parmi les cibles des nouvelles surtaxes américaines (50 % à partir du 19 août).
- Acier et aluminium : au cœur des discussions et de la demande canadienne de suppression des droits.
Sur le plan économique, l’issue des négociations aura un impact direct sur les chaînes d’approvisionnement transfrontalières et sur la compétitivité des industries concernées. Une ouverture partielle par la voie de quotas limiterait les volumes exportés vers les États-Unis, ce qui pourrait protéger certains segments du marché américain mais réduire les débouchés et la marge de manœuvre des producteurs canadiens.
Enjeux politiques et calendrier
Le gouvernement canadien se montre ferme mais prudent: Carney a indiqué qu'il pourrait durcir sa position si les discussions n'aboutissaient pas à des résultats satisfaisants. Ce bras de fer intervient à l'approche de l'entrée en vigueur des nouvelles mesures américaines, donnant peu de temps aux négociateurs pour parvenir à un compromis.
| Mesure | Valeur | Date/Statut |
|---|---|---|
| Droit canadien sur l’automobile | 25 % | Imposé l’an dernier |
| Droits américains annoncés sur divers biens | 50 % | Entrée en vigueur prévue le 19 août |
| Section 232 (acier, aluminium) | — | Objet des négociations en cours |
La tournure de ces discussions déterminera la trajectoire des relations commerciales Canada–États-Unis pour les prochains mois. Si Ottawa obtient une levée complète des taxes américaines, les industries lourdes gagneraient en visibilité; à défaut, la perspective d'un régime de quotas et d'une surenchère de mesures de rétorsion compliquerait la planification industrielle et commerciale des entreprises canadiennes.
Pour l’instant, le gouvernement demeure sur ses gardes: il refuse de révéler sa stratégie en détail tout en avertissant qu’il sait exactement ce qui se négocie et qu’il est prêt à agir pour défendre les intérêts économiques du pays.