Résultats semestriels : une croissance tirée par l’exportation de Rafale
Dassault Aviation a publié un chiffre d’affaires ajusté de 4,157 milliards d’euros pour le premier semestre 2026, contre 2,847 milliards un an plus tôt, soit une progression de 46 %. Cette dynamique résulte principalement des activités militaires à l’export, avec des livraisons de Rafale qui ont fortement alimenté les comptes du groupe.
Livraisons et composition du chiffre d’affaires
Au cours des six premiers mois, le groupe a livré 12 Rafale — dont 10 à l’étranger et 2 à la France — ainsi que 13 Falcon. Les passages de jalons liés aux contrats de développement et aux prestations de support ont également contribué aux revenus.
- Activité Défense : 2,944 milliards d’euros (contre 1,751 Md€ sur la période précédente).
- Défense Export : 2,102 milliards d’euros (plus du double des 949 millions du S1 2025).
- La branche Défense représente désormais 71 % de l’activité du groupe.
Profitabilité et résultats opérationnels
Le résultat opérationnel ajusté progresse significativement, passant de 180 millions à 330 millions d’euros, soit une hausse de 83 %. La marge opérationnelle atteint 7,9 % contre 6,3 % un an plus tôt. Au niveau du résultat net ajusté, Dassault annonce 496 millions d’euros, en hausse de 110 millions. Toutefois, la marge nette ajustée recule, passant de 13,6 % à 11,9 %, affectée notamment par la surtaxe française sur l’impôt sur les sociétés : sans cette surtaxe, le bénéfice net ajusté aurait été de 570 millions d’euros.
| Indicateur | S1 2026 | S1 2025 |
|---|---|---|
| Chiffre d’affaires ajusté | 4,157 Md€ | 2,847 Md€ |
| Activité Défense | 2,944 Md€ | 1,751 Md€ |
| Résultat opérationnel ajusté | 330 M€ | 180 M€ |
| Résultat net ajusté | 496 M€ | — |
Commandes et perspectives
Le contraste est sensible sur les nouvelles commandes : leur montant s’établit à 2,878 milliards d’euros au premier semestre 2026, en nette baisse par rapport aux 8,075 milliards enregistrés sur la même période en 2025. Cette diminution s’explique principalement par une base de comparaison très élevée au semestre précédent, qui avait notamment intégré de gros contrats, dont une commande indienne mentionnée dans la période antérieure.
Ce que cela signifie pour le secteur
La montée en puissance de la Défense dans le mix d’activité de Dassault confirme la sensibilité du groupe aux cycles et aux grands contrats d’exportation. Pour l’industrie aéronautique française, ces résultats renforcent la position de leader de Dassault sur le marché des avions de combat, mais soulignent aussi une dépendance accrue aux grands programmes d’armement internationaux. Les salariés et les sous-traitants peuvent bénéficier d’un carnet d’affaires soutenu à court terme, tandis que la baisse des nouvelles commandes rappelle la nécessité de maintenir une diversification commerciale pour lisser les cycles.
Enfin, Dassault conserve son objectif annuel de chiffre d’affaires, malgré le léger recul du carnet de commandes. L’évolution des marges et l’impact des fiscalités nationales resteront des éléments clés à suivre dans les prochains trimestres.